Dégoulinant de merde; ce groupe fait peur. Aspect vomi, un son poisseux-coton-petit pois sur-saturé grâce à notre grand chef cisaillé, Toton Phil Spector. Thee Oh Sees (après de nombreux périples acides comme The Ohsees, OCS, Orange County Sound ou encore Orinoka Crash Suite) s’est fondé en 1997 à San Fransisco autour du blond & séduisant John Dwyer, dans une ambiance turpide et cradingue; comme leur dernier album Help, rongé par la cave trempée de sueur de Tante Josianne. Il y a donc 12 ans que ce groupe fait caca, contrairement au Prince Charmant. Attention tout de même, pas n’importe quel caca, un caca psychédélique; un démêlé pas très catholique d’instruments malmenés, une armure vocale croisée entre les deux sexes, des ciseaux sonores irritants et crados. Une pure merde gigantesque de rock’n’roll d’église si mal foutu qu’on pourrait prier à s’y méprendre. Si c’était la fin du monde, on s’en balancerai triplement fois plus, parce que ce qui compte n’est plus vraiment la technique, la super technique rapidos; les super engins mécanical desctruct; c’est juste que l’on espère une chasse d’eau efficace pour nos monstres verts trashy. Fuck fuck fuck; maintenant la merde est bonne, se mange et se déguste; car maintenant l’ambiance vaut terriblement le coup. Oranges pressées dans un océan de reverb, chants pseudos contestataires scandés par d’horribles gnomes de tout les genres, batterie suffocante, asphyxiée, atrophiée, meurtrie, étouffée, en pleine agonie. Atroce et maléfique psychédélisme vomiteux, une espèce de Warlocks à la sauce Black Lips. Warlocks pour le psyché, les guitares et la reverb, Black Lips pour le chant crade, le ton arrogant, les décalages pseudos amateurs, tellement charmants. ‘ Enemy Destruct ‘ en est le parfait exemple. Première chanson, juteuse jusqu’aux dents, aussi bordélique qu’un poulailler masculin osbédé ET en manque. Taillante, tranchée, carnivore, avec tout de même quelques aspects doux. ‘ Can You See? ‘ rassemble tout l’acide du monde pour le concentrer en une chanson vaporeuse complètement défoncée, répétitive mais plutôt mangeable; sauf le solo autour d’1:30 totalement foireux et foiré. La descente fait mal; avec l’horrible ‘ Rainbow ‘ au refrain ATROCE. La nouvelle remontée, à l’heure où JP rapporte les dernières livraisons d’ecstasy est sucrée : ‘ Go Meet The Seed ‘. On nous l’ordonnerait presque!? Pourquoi pas après tout… L’avant dernière chanson se savoure; avec un délicieux gout de bois grillé, oui; une fois dans la nature se nourrir devient dur pour nos confrères Oh Sees, après la merde et la drogue vient l’arbre n’est-ce pas? L’avant dernière est le bad trip du disque, l’ultime ultimatum cramé de camés. Une fille paumée parle au loin, on l’entend sans l’écouter, elle commence à nous hanter, on s’en mord les doigts. Hantés par un album de Thee Oh Sees, groupe le plus psychédélique du XXème siècle? La situation n’est-elle pas si claire que les cheveux du Prince Charmant?

Help vient à l’aide d’un groupe malheureusement peu connu furieusement hallucinant mais très légèrement inquiétant.