Y. Drôle de nom pour le nouveau LP des Lyonnais de Daïtro. On a souvent coutûme de résumer la scène emo/screamo à des groupes étrangers comme Raein, La Quiete, Ampere ou les magnifiques Suis La Lune, mais c’est mettre un peu vite de côté la scène française incarnée depuis un moment maintenant par Amanda Woodward, Sed Non Satiata ou, justement Daïtro. Mais trève de références, parlons de l’album.

Y est un album complet. Complet car faisant superbement le lien entre le début de leur discographie et le dernier enregistrement en date, le split avec Sed Non Satiata. L’ensemble est beaucoup moins touffu que par le passé, moins brouillon musicalement. Le tout est plus aéré peut-être, la preuve en est l’ajout de beaucoup de chant clair (une deuxième voix bienvenue), et des guitares toujours aussi inspirées mais des structures peut-être un peu plus recherchées et abouties que lors des précédentes tentatives. On a parfois l’impression que ça turbine à 100 à l’heure, et certaines parties sont assez déconcertantes au premier abord, la III notemment, mais l’esprit punk des débuts est toujours bien là.

En dix parties pour un peu plus de 30 minutes d’une classe certaine, Daïtro s’impose comme le groupe dans lequel la passion prend le pas sur le reste, et nous fait partager un petit moment de bonheur hardcore français, ou l’épuration du style les conduit au moins aussi haut que la plupart des groupes cités en intro. Parfois déconcertant lors des premières écoutes, Y se laisse finalement apprivoiser au fil des réécoutes, et s’impose comme l’album du genre cette année.