Contrairement à ce que sa tracklist laisse à penser, When Icarus Falls n’a pas expédié son premier EP ‘On The Frozen Seas‘ en 2 temps-trois mouvements. En effet, les trois titres qui le composent durent chacun plus de 10 minutes, ce qui fait une durée supérieure à celle d’un album de, au hasard, Weezer.

When Icarus Falls crée sa musique pour que ses ambiances englobent l’auditeur. Encore une formation de post-machin, se dit-on. Pourtant, le groupe suisse ne joue ni sur la virtuosité ni sur de folles rythmiques constamment en rupture. Les titres sont construits autour de thèmes musicaux dont l’intensité varie dans de longs crescendo et autres descentes en pente douce. Maniée tel un instrument, la voix est pleinement associée au processus : soufflée dans le calme, hurlée dans la tempête. Tous ces partis pris rappellent les atmosphères cinématographiques reconstituées par L’Homme Puma.

Black tree‘ est sans conteste une réussite. Son thème très épurée permet d’en faire évoluer la profondeur sans heurts ; on s’y laisse happer volontiers. Signe de la sophistication du quintet, l’envolée finale se fait tout en maitrise, alors qu’il aurait été facile de céder au bourrinage sans finesse. Malheureusement, les 2 autres titres, s’ils ne déméritent pas, n’ont pas la même aura. ‘On the frozen seas‘ joue sur la dualité piano – voix un peu comme My Own Private Alaska mais la sauce ne prend pas malgré une mélodie qui s’ancre bien dans la tête. Probablement la faute à un certain manque de mordant. ‘They created lies which everyone uses‘ développe les cotés les plus puissants du groupes, mais l’omniprésence des parties plus violentes casse paradoxalement la force du titre.

Malgré quelques trous d’air, When Icarus falls réussit une première chute prometteuse. Indéniablement un groupe à suivre.