Quand on parle de mélopées norvégiennes métalliques, on pense tout de suite au black metal et ses clowns peinturlurés en N&B s’éclatant en soirées pyjama dans des forêts enneigées, à l’amitié déchue entre Varg Vikernes et Øystein Aarseth (avec le O barré, c’est plus trve), aux caves vétustes qui servent de studios d’enregistrement et aux splits K7 éditées à six exemplaires. Des trucs relativement éloignés d’A-ha, en somme. Les mecs de Dominic, eux, sont également norvégiens, font un son quelque peu enragé et pourtant, ils sont démaquillés. Et glabres.

Bien loin du coutumier black metal salasse, le bien nommé Nord contient dix titres fiévreux et passionnés, tiraillés entre screamo et post-hardcore. Intenables, les guitares sont propres et peu saturées, la basse caverneuse et la batterie plus ou moins cheap ; le bouffeur de fjord qui officie derrière le micro se démène comme un beau diable (!) en alternant phrasé essoufflé et hurlements écorchés. Bon, à côté de leurs trve-compatriotes de Darkthrone, ça sonne forcément pédé, les envolées guitaristiques mériteraient un petit coup de fuzz, mais pour le commun des mortels, on n’est pas loin de l’agression sonore désabusée. Si les gonzes de Will Haven avaient paumé leurs pédales d’effets, ils s’appelleraient sûrement Dominic.