Streetlight Manifesto a beau être le seul (le dernier ?) groupe de ska punk valable actuellement et sortir des albums d’une excellence indéniable, on se préparait à faire preuve d’indulgence devant leur ‘99 songs of a revolution (part 1)‘. En effet, ce projet n’est composé que de reprises, et les reprises du genre ne se sont jamais montrées bien intéressantes. On se souviendra notamment du ‘SOS‘ gentillet de Mad Caddies et des clowneries de Reel Big Fish. Et pourtant cette fois encore Tomas Kalnoky et sa bande a distillé sa formule magique rendant l’auditeur peu méfiant désespérément accro.

La formule, c’est toujours des titres longs et élaborés, des mélodies punk rock, des choeurs énergiques, une place prépondérante faite aux cuivres, des influences tsiganes et latino, et surtout pas de bouffonneries festives. Et cela fonctionne parfaitement bien. C’est bien simple, ‘Bird flying away‘, ‘Hell‘, ‘They provide the paint‘ et ‘Red rubber ball‘ sont si excellentes qu’on jurerait des compos originales si on ne savait pas qu’on avait affaire à des reprises. Streetlight Manifesto a fait un gros boulot d’adaptation, c’est indéniable.

Loin de s’endormir sur ses lauriers, le big band du New Jersey a voulu rajouter des ingrédients. D’abord au niveau des instruments, on appréciera le solo de guitare (jusqu’ici cantonnée au soutien mélodique) sur la jolie reprise acoustique de ‘Linoleum‘ (NOFX) et la quasi boucle electro des soufflants sur ‘Such great heights‘. De temps à autre un synthé et un violon font de discrètes apparitions. Les Streetlight Manifesto ont profité de ce nouveau projet pour essayer des styles moins habituels pour eux. ‘Skyscaper‘ (Bad Religion) et ‘Me and Julio down the schoolyard‘ voient le groupe tenter respectivement le rock californien ensoleillé et le ska festif. Au vu du résulta moyen, on passera vite à la suite.

Les sept troubadours se sont aussi laissé aller à un ‘retour au source’ – pardonnez l’expression de merde: ‘The troubadour‘ (un titre fort à propos) fleure bon le jazz jamaïcain 50’s/60’s, tandis que les choeurs omniprésents et l’énergie juvéniles de ‘Punk rock girl‘ rappelle les premières heures de Catch 22. Enfin, la reprise de ‘Just‘ (Radiohead) est fort respectueuse – un peu trop même. Le groupe aurait surement eu un meilleur terrain de jeu sur un titre moins complexe, comme ‘My iron lung‘ par exemple.

99 songs of a revolution (part 1)‘, c’est l’antithèse parfaite d’un Me First and the Gimme Gimmes. Là où les potes de Fat Mike misent à mort sur leur fun attitude pour balancer des albums tout juste potables, Streetlight Manifesto joue les bons élèves studieux pour livrer des reprises qui tiennent sacrément la route. Comme quoi, le travail paie.