Julie Campbell n’est pas vraiment à la mode, elle a la trentaine quasi-anorexique, s’habille en costard, cheveux courts ébouriffés, habite Manchester, et se passionne pour la musique des années 80 entre le groove de Prince et l’obsession rythmique de Joy division.

Lonelady, c’est elle, d’un bout à l’autre de ce disque qui donne l’impression d’être joué sur un rasoir à six cordes. Jouant autant la guitare que la batterie, et des arrangements électroniques, elle construit son monde en noir et blanc, à l’image de la pochette de Nerve Up, dessinant une silhouette aux angles aiguisés, .

Noir pour les visions labyrinthiques et désespérées que donnent Marble et Intuition, qui semblent redonner vie au fantôme d’Ian Curtis. Blanc pour la funk qui transpire de Early the haste comes et Cattletears. Mais rien de très lumineux dans tout ça, et les titres plus calmes qui apparaissent dans la seconde partie du disque, tels que ‘Have no Past’ et ‘Fear No More’, dénotent à peine de la terrible grisaille qui semble envahir l’esprit de Lonelady.

Un album quelques fois brillant, mais peut-être trop enfermé sur lui même, limite donnant envie de se tirer une balle à la fin. Prometteur, néanmoins.