Parfois, donc pas toujours, des groupes sortent des disques d’une simplicité enfantine à chroniquer. C’est le cas du deuxième album de The Dead Weather qui n’est pas génial (nul besoin donc d’expliquer pourquoi c’est super) ni tout pourri (nul besoin d’aller fouiller dans les tréfonds de l’horreur musicale pour y trouver une comparaison rigolote). La réussite de ‘Sea of Cowards‘ se mesure sur la réponse physique de l’auditeur. La sentence est irrévocable : une bonne première moitié, une seconde moitié où l’on baille, où l’on n’écoute plus vraiment. Bonne première moitié+chiante deuxième partie= disque à moitié réussi, note de 2,5, wham bam, thank you m’dam.

Mais tout n’est malheureusement pas si simple dans le monde de Jack White. ‘Horehound‘ avait une durée de vie de 5 écoutes. Le premier album a le son mais pas les chansons, les formules mais pas les refrains, on se souvient des mots mais pas des mélodies, l’ambiance mais pas la magie. ‘Sea of cowards‘ souffre du même problème, les Dead Weather creusent le sillon bluesy/basse fuzz (avec moins de grosses guitares que sur ‘Horehound‘) sur la plus grande partie de ce court disque si bien qu’on a encore trop souvent la désagréable impression d’entendre des jams transposées sur bande à la va-vite (presque toute la deuxième moitié du disque). Toutefois, l’indéniable plus de ‘Sea of Cowards‘ est sa première partie, ses 5 premières chansons enchainées avec le chant toujours plus Betty Davis-ien d’Allison Moshart qui parvient à transcender ‘I’m mad‘ en danse vaudou quasi hypnotique et ‘The Difference Between us‘ est la grande réussite de Sea of Cowards : langoureuse, sombre, habitée, cette chanson démontre sans grande peine que lorsque The Dead Weather s’applique suffisamment, la magie noire peut opérer. Le reste ne marque pas. On notera que Jack White se limite dans ses contre-chants comme s’il avait enfin compris que sa voix est trop large pour n’être qu’un élément du décor, que l’ambiance générale du disque est sa grande force, on l’a déjà beaucoup plus écouté que le précédent, l’album est plus cohérent, presque conceptuel mais reste encore une fois cette drôle de sensation. Tout est en place, tous les éléments sont là mais le plus souvent le groupe tourne dans le vide la faute à pas de chansons mais des jams bluesy, pas assez d’écriture (meilleur exemple : le single ‘Die by the drop‘ qui promet plus qu’il n’a vraiment à offrir), trop de facilités, trop de « on va faire une chanson autour de ce riff trop cool de blues en Si qu’on pourra triturer à fond pendant la tournée des festoch’, quelqu’un peut pondre des paroles ? Une phrase répétée en boucle suffira ! ».

Pour faire clair, ‘Sea of Cowards‘ est grossièrement le même disque que ‘Horehound‘ sauf que les passages réussis (la prod, l’ambiance, le son, une ou deux chansons) sont plus réussis et les défauts sont eux aussi plus prononcés.
Bon disque mais bon disque frustrant.