On le sait, il n’existe pas de bonnes façons ou la bonne façon de découvrir de la musique. Ce qui existe pour sûr, c’est le mauvais départ, le vilain a priori, la mauvaise définition par la mauvaise personne. C’est ainsi qu’il y a quelques mois, une chroniqueuse musicale de l’émission phare d’une chaine cryptée sauf en access prime-time nous a gratifié de sa nouvelle découverte, sa hype du moment, son mélange de Clash et de ajoutez-qui-vous-voulez en la personne de The Drums. Le single ‘Let’s go surfing‘ était même utilisé en coming-next comme ils disent… Par une simple opération cérébrale, The Drums venait de se voir lester (bangs !) du poids de la honte, marqué du sceau de la mort qui tue, le H de Hype à la con bobo parisienne.

Quelques mois plus tard, force est de constater que tels les Hester Prynne du rock, The Drums mérite qu’on creuse un peu plus loin que nos vilains a priori (bouh c’est pas bien les a priori nous dira-t-on, peut être mais ils existent ducon répondra-t-on). Ce bon petit groupe développe sur son premier disque un songwriting des plus classique et pas dans le sens ennuyeux comme l’entendent les obsédés de la nouveauté mais dans le sens où The Drums écrit des couplets, des refrains et même de temps en temps des ponts, cette chose que Nada Surf n’a jamais fait en 15 ans de carrière. Il faut imaginer un croisement de l’ambiance légère et plagiste de Vampire Weekend avec la science du songwriting ado de Girls, le tout enrobé de claviers et boites à rythme très 80’s rappelant parfois les moments les plus pop de The Cure. Ce premier disque offre son lot de bonnes petites chansons estivales bien fichues (‘Best friend‘) aux guitares séduisantes (‘Let’s go surfing‘) avec encore une fois ce côté universitaire east coast bien propre sur lui mais vraiment accrocheur (‘Book of stories‘). D’une manière certaine, toute la première partie du disque est une belle réussite mais de même que la pauvre Hester avait fauté et ne portait pas son fardeau pour rien, ce premier album ne dissipe pas l’impression de fragilité de ce jeune groupe qui ne tient pas la distance en se perdant lors de balades malheureusement pas toutes aussi réussies que ce ‘Down by the water‘ shooté aux Jesus & Mary Chain eux-mêmes shootés aux Beach Boys. The Drums se perd en morceaux moins forts et un peu anecdotique même si comme [url=https://www.visual-music.org/interview-87.htm]dit[url] le sage Stephen Malkmus, il y a forcément des chansons qu’on aime moins sur un disque aussi bon soit-il. Toutefois, The Drums déçoit et la fin du disque se fait dans un ennuie presque total, un sequencing différent aurait probablement été bénéfique au disque.

Même si on a encore du mal à les voir durer plus d’une saison, The Drums a de sérieux atouts, à commencer par son songwriting, pour pousser plus loin que la hype et devenir pourquoi pas lus qu’un feu follet, un pendant moins intello à Vampire Weekend. Souhaitons leur bonne chance et s’ils évoluent bien, parions-nous qu’ils ne sentiront le poids de hype qu’une fois libérés de celui-ci.