Où avions-nous laissés nos quatre héros ? Ah, oui !

Après avoir donné une [url=https://www.visual-music.org/chronique-1308.htm]bonne raclée[url] aux tyrans anémiques et déliquescents du post-rock, il est temps pour ces adorables brutes d’And So I Watch You From Afar de conquérir le monde.
The Letters EP‘, ou les lettres de déclaration de guerre envoyées à travers le monde, l’avertissement avant le second déluge sonique.
Plus massive et belliqueuse qu’auparavant, la musique du quatuor conquit littéralement les esprits et contrôle les corps, pris de spasmes. Ça n’est pas moins qu’un monstre d’efficacité qui surgit et prend au visage à l’ouverture de ces lettres, coups de paluches et de queues dans le ventre et les oreilles se suivent sans se ressembler et font toujours mal, très mal (‘S Is For Salamander‘). Belligérance, oui. Celle-ci se fait plus intense encore et proportionnelle aux instants de répit qui, eux, se font toujours plus délicieux. Douceurs du jazz et groove à tomber par terre interviennent pour mieux achever l’auditeur avant les trombes métalliques (‘D Is For Django The Bastard‘). Même les riffs les plus simples, bien que torturés, font effet (‘B Is For B-Side‘). La dernière lettre, elle, est un florilège de phrasés de haute qualité, de violence contenue puis lâchée par à-coups, de bruyante délicatesse et d’exultante combativité (‘K Is For Killing-Spree (An Ode To)‘).

Ça n’est pas tous les jours que l’on reçoit tel courrier. Il arrive parfois de se couper avec une enveloppe, mais il est rare de recevoir des coups de marteaux dans la figure dès son ouverture. Avec une telle annonce d’arrivée, il va sans dire que les nord-irlandais sont attendus avec impatience.