Il est étrange de se retrouver confronté à un morceau musical qui est en tout point parfait. Certes, on ressent un immense plaisir à son écoute, mais les effets secondaires sont, à tout bien réfléchir, à la limite du nocif. On essaie machinalement de trouver un autre morceau la hauteur, sans y parvenir. L’ensemble des chansons écoutés à la suite ne trouve aucune grâce à nos yeux, quand bien même ils s’avèrent de très haute volée. On veut s’empêcher de l’écouter trop souvent, de peur de s’en lasser trop vite – alors que par définition, une telle chose semble impossible… des questions aussi essentielles qu’inutiles se posent : « Qu’est ce qui caractérise un morceau parfait ? »

Alors on décortique la bête. Déjà, le titre. ‘Sin of addiction‘. Bien trouvé, au vu des tourments qu’il provoque. Et puis le son, englobant, massif. Un rock agressif virant au metal chaotique, respirant grâce à un post hardcore céleste porté par une voix puissante poussée dans ses retranchements. C’est techniquement irréprochable, mais bon, c’est presque accessoire. On se prépare, on se grise, on se projette, on s’envole, on respire, on observe, on sourit, on est mort.

Le reste s’oublie dans les méandres de nos synapses endolories. ‘Lines breaking circles‘ est pourtant diablement bon. A entendre la basse grasse et vigoureuse, les martèlements surprenants de Shame