Yes! I Am A Long Way From Home. S’il y a bien une image forte chez Mogwai qui s’est abâtardie au fil de leurs albums, c’est bien celle-ci. Young Team sortait en 1997 et est devenu depuis une pierre angulaire de ce qu’on appelle post-rock. Avec une ambiance entre l’aérien et le malsain, les écossais étonnaient. Maintenant ? Bof.

Si les américains de Tortoise ont montré qui étaient les patrons du genre avec Beacons Of Ancestorship il y a 2 ans, le petit lutin Mogwai a lui été distrait par les autres tout en conservant ses tics. Malgré les bonnes idées d’arrangement sorties d’une hype rafraichissante (Mexican Grand Prix, George Square Thatcher Death Party), il peine à prendre plus de distances avec son passé. Un riff de guitare, rejoint petit à petit par les autres instruments, et hop, c’est emballé. Lorsque la mélodie est de qualité notable, on se surprend à réécouter plusieurs fois un morceau pas si incroyable que ça (White Noise, Rano Pano, San Pedro). Le reste est sans intérêt. Trop chiant, trop éculé, trop m’as-tu-vu-en-train-de-faire-de-la-musique-profonde. Le schéma évolutif des morceaux est tellement calculé d’avance qu’on ne sait même plus pourquoi on parle d’évolution. Le lutin se joue de nous comme il se joue de lui-même, et se met presque au même niveau que tout ceux qui l’ont maintes fois copié jusqu’à aujourd’hui. La musique de Mogwai est formatée et n’a plus grand chose à offrir. La seule chose qui pourrait la sauver est de reprendre l’idée naissante dans les pistes Mexican Grand Prix et George Square Thatcher Death party : du chant. Leur royaume pour du chant.

Hardcore Will Never Die, But You Will. Bah même pas mort d’abord. On pourrait plutôt le renommer Hardcore Will Never Die, But Mogwai Is, cela serait plus approprié. De leur côté, à moins d’avoir une idée géniale, Mogwai feraient mieux de s’arrêter là.