Fini le temps des sanglantes croisades, rythmées à coups d’épées dans le casque et de capture de châteaux le temps d’un excellent premier album éponyme. C’est le temps de la révolution industrielle pour les belliqueux nord-irlandais d’And So I Watch You From Afar. Le groupe a dû se remonter les manches entre deux conquêtes pour élaborer de quoi guerroyer avec leur grosse machine.

[url=http://www.visual-music.org/biographie-And+So+I+Watch+You+From+Afar.htm]ASIWYFA[url] a vu du pays ces derniers mois : émeutes aux Etats-Unis, blitzkrieg dans les pays de l’Est jusqu’en Russie et occupation armée en Europe, partout où le groupe au triangle est passé, le succès l’a accompagné. Il faudrait être une vraie mauvaise langue pour nier le mérite de ces multiples victoires, surtout lorsque nos oreilles innocentes viennent se poser sur ce Gangs très attendu par les initiés. Plus metallique, plus fou et plus impulsif, le son d'[url=http://www.visual-music.org/biographie-And+So+I+Watch+You+From+Afar.htm]ASIWYFA[url] ne peut toujours pas se permettre de laisser indifférent. BEAUTIFULUNIVERSEMASTERCHAMPION sonne comme un appareil à réacteur décollant pour foncer vers les étoiles. Attendez… Les étoiles ? Voudraient-ils aussi conquérir l’espace ? Pas tout de suite, Gangs a beau être introduit par un morceau très céleste, il montre vite son caractère terrien façon ouvriers tatoués armés de clés à molette lorsque Gang (Starting Never Stopping) et Search:Party:Animal viennent enfoncer des portes fermées depuis la nuit des temps. Loin des groupes de shreddeur à poils longs, le branlage de manche d'[url=http://www.visual-music.org/biographie-And+So+I+Watch+You+From+Afar.htm]ASIWYFA[url] est judicieux et ébouriffant. On ne s’attendait pas à ça, pourtant le groupe nous avait prévenu avec son courrier recommandé The Letters EP. Depuis l’album éponyme, ils n’ont abandonné ni leur spontanéité ni cette envie de faire chanter les autres sur des morceaux pourtant sans chant. C’était le cas avec l’exceptionnel Don’t Waste Time Doing Things You Hate et aujourd’hui c’est sa suite plus que logique qui prend le relais, 7 Billion People All Alive At Once. Mais avec ou sans choeurs, il faut se dire que c’est tout de même fort, et aujourd’hui rare, d’écrire des morceaux chantants rien que par leur instrumentalité.
Le petit bémol dans cette spontanéité citée plus haut, c’est que cela donne parfois des morceaux inégaux. C’est le cas de Think:Breathe:Destroy, …Samara To Belfast et Lifeproof, qui ne révèlent leur vrai potentiel que dans leur jouissive deuxième moitié. Un défaut cependant quasiment éclipsé par l’épique diptyque Homes, qui rassemble l’étonnante Ghost Parlor KA -6 To… et … Samara To Belfast. Je ne m’étais jamais demandé ce que cela pouvait faire de se balader nu sur la Grande Muraille de Chine avant de me faire courser par une horde de Huns, mais maintenant je sais.

Gangs, c’est tout simplement un des meilleurs albums de l’été. Et dans ce genre musical, c’est peut-être un bien pour un mal, car en étonnant ainsi leur monde, ces quatre Nord-irlandais pourraient causer la naissance de beaucoup d’émules pour la plupart indésirables. Mais ça, l’avenir nous le dira.