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D’entrée de jeu, les Cloud Nothings ont tout bon. Le piano menaçant, l’ambiance apocalyptique, la voix trainante, les harmonies flippantes, le long crescendo, le son idéalement crade, les guitares qui s’imposent au fil de la montée de la tension, la voix nonchalante au début qui va finir en hurlant des slogans gentiment anar’ (No future, no past !). Là on se dit qu’on en tient enfin un, un bon disque de rock crade 90s. Écorché comme Nirvana, tordu comme les Pixies et avec en prime Steve Albini à la prod’ pour faire bon effet top crédibilité. Les mecs sont ambitieux : la deuxième chanson Wasted days, furieuse et braillarde s’étend sur presque 9 minutes grâce/faute à une longue outro rageuse. Le reste de Attack on memory est bien plus raisonnable au niveau structure, on ne dépassera plus vraiment les 3minutes30 avec des couplets et des refrains. Les américains surferont sur des refrains malins (Fall in qui sonne comme une idiotie pour films du type American Pie jouée à 100 à l’heure), feront des instrumentaux parfaits pour des reportages de surf ou de skate, de la pop-rock qui rappelle d’autre mais en moins bien (Stay useless rappelle Ash en moins subtil, No sentiment évoque Nirvana époque Bleach, Cut you du mauvais Pixies) mais toujours pied au plancher. En plus, Cloud Nothings a la bonne idée de rester concis en ne proposant que huit titres qui font de Attack on memory un disque aussi immédiat que ses tempos sont rapides. Alors où est le problème ? Le lecteur attentif l’aura noté, Cloud Nothings nous rappelle certes des choses qu’on aime mais toujours en moins bien et quand il s’aventure ailleurs, on frise la B.O de Dawson faute à un talent pour les mélodies un peu putassier et limité. Tout est là donc sauf le songwriting qui est aux abonnés absents et c’est d’autant plus rageur : un groupe au si bon goût, au si bon son pourrait faire tellement plus qu’un disque sympathique comme l’est Attack of Memory.