Les nombreuses rumeurs de séparation et le lent naufrage artistique nous ont convaincu que Bloc Party n’en avait plus pour très longtemps à vivre. Serait resté un histoire similaire à celle de nombreux groupes d’indie rock britons: Premier single imparable, couverture de NME, premier album sympa mais inégal, couverture Kerrang, albums suivants merdiques, rideau.

Mais non, la bande à Kele sort un nouvel album, Four. Four, comme quatrième livraison et surtout comme 4 membres retrouvés. Étonnamment, aucune bidouille electro foireuse en vue. Bloc Party est redevenu un groupe de rock porté par un excellent batteur. Quatorze titres très variés alternant entre pop apaisante (Day Four) et déluge de guitare turbulentes (l’excellent Coliseum). De jolies mélodies des arrangements discrets et pertinents, des passages soudainement plus intenses; on déguste ce Four avec un plaisir évident.
Plus on l’écoute plus cet album donne l’impression d’un pot pourri de ce que l’indie rock a produit de marquant ces 15 dernières années. En grossissant le trait, on y retrouve du Weezer (Kettling), du Phoenix (V.A.T.I.S.), du Muse (3×3), du Ghinzu (We are not good people) et bien sûr du Bloc Party pur jus époque Silent Alarm (Octopus, Team A, Truth). Douche froide pour ceux qui recherchent un son résolument nouveau – conseil VisualMusic, allez voir du côté de Alt-J ou Breton – mais joli clin d’oeil pour les vieilles carnes que nous sommes.

Four est le meilleur album de Bloc Party à ce jour. Agréable, divers, cohérent, surprenant; mais pas parfait. Il lui manque clairement un ou deux gros tubes et de l’audace dans certains choix. On n’accablera pourtant pas les anglais, au contraire. Surpasser Banquet semble impossible et jusqu’ici leur audace s’était manifestée par l’ajout de son electro dégueulasse. Bloc Party se contente enfin de faire ce qu’il sait faire. Tant mieux pour nous.