Mettons dès le départ les choses au clair : avec ce premier album, Tang réalise un véritable coup d’éclat en matière de post-hardcore. Originaire de Lille, ce groupe qui n’existe que depuis 3 ans, n’avait sorti jusqu’à présent qu’un seul EP et restait relativement inconnu du plus grand nombre car ne tournant que très peu. OK, mais alors si c’est pour sortir un tel album, on en reprendrait bien quelques verres (c’est bon, j’ai réussi à caser mon jeu de mot…pardon au groupe…).

Plus sérieusement, les 8 morceaux (plus de 40 minutes, mine de rien) sont une démonstration de ce que peut donner un hardcore torturé, presque noïsy, conjugué à un emo sincère et inspiré : un son tourmenté (on pense à Fugazy, Sense Field, Far ou encore à Cornflames et Romeo is Bleeding) où l’accalmie n’est que feinte.

Puisque le véritable atout du disque est la tension que la musique de Tang parvient à créer et provoquer chez l’auditeur : une musique aussi tendue que le seront vos poils sur les avant-bras. Car, alors que les magnifiques mélodies (l’harmonie des guitares sur ‘She Died In June‘ est superbe) provoqueront en vous des tremblements, que la production sonore de Stéphane Buriez à la frontière du métal et du hardcore vous caressera l’échine et que la combinaison des voix -l’une est plus nuancée, alternant chant et parties hurlées alors que l’autre se concentre uniquement à éructer de façon remarquable des hurlements venus tout droit des tripes, où l’on y ressent une vraie douleur (‘Vegas Of Tears)- vous achèvera définitivement en provoquant en vous une accélération du rythme cardiaque, c’est bien la ‘chair de poule’ que vous venez d’attraper. Et alors que vous venez de prendre conscience de la beauté des breaks, s’étendant sur plusieurs secondes en traduisant à merveille le terme emo ( ‘Fistful Of Twice‘ et les 7 autres titres…), c’en est fini pour vous.

Alors que votre mère hurle de mettre le son moins fort ou que vos voisins frappent en vain à la porte de votre studio, vous les envoyez tous chier. Vous voilà en train de penser à l’être que vous aimez, oubliant l’espace de 41 minutes et 26 secondes ce monde de merde dans lequel on vit. Le but ultime de l’art musical est atteint. Bravo Tang, et merci.