Le Fury Fest, on en a pas mal parlé en 2003, et pas pour rien, ça c’est sûr. Alors le Fury Fest qu’est-ce que c’est ? Une manifestation musicale extreme de plus ? Oui on pourrait voir ça comme ça, mais ce qui en fait quelque chose de plutôt remarquable c’est que, déjà pour la deuxième fois, un petit groupe de gens montent eux-mêmes, un peu ‘à l’arrache’ et dans un coin qui en manque un peu un événement du rock comme on en voit pas souvent dans l’hexagone. Et oui ce festival a eu lieu à Nantes (même si pour les prochaines éditions aura vraisemblablement lieu au Mans). Et à la surprise de beaucoup il réunit de plus en plus de plus grands noms autant nationaux qu’internationaux du rock. Alors pour ne citer qu’eux, et aussi car ne pas les trouver sur le dvd fut sûrement la plus grande des déception pour ceux qui ont assisté à leur performance sur place, on a pu voir cette année des icônes tels que, du côté de la force obscure Entombed ou encore du côté punk The Exploited. Alors voilà ce qui en est du concept, maintenant qu’en est-il du dvd ?

Même si les deux groupes cités plus haut sont sûrement les deux grands absents, on trouve quand même beaucoup de beau monde et de belles surprises du côté des groupes français. Pour les amoureux du grind, parmi d’autres, les maîtres suisses de Nostromo sont présents et se donnent toujours autant à fond. Malheureusement les déchaînés ont eu quelques petits problèmes techniques ce qui fait que la basse est absente sur la moitié des trois titres proposés et le chant aussi à quelques difficultés à se faire entendre par moments. C’est sur, on peut observer les performances extraordinairess de Jéjé à la guitare, qui nous donne la preuve une fois de plus de la mobilité extraordinaire de sa nuque avec un headbang ‘parce-que-je-le-vaut-bientesque’, et de Maik, batteur à la renommée scénique désormais légendaire (il faut le voir finir ‘Relent‘ debout pour le croire).

Entre un Knut plus ravageur que jamais et un Eden Maine qui déborde de puissance notamment grâce à un batteur surprenant d’inventivité, Most Precious Blood apporte une petite touche de finesse, si l’on peut parler de finesse, dans toute cette brutalité avec un chant parfaitement placé à travers ce chaos instrumental. Les New-Yorkais de Madball nous mettent plein la gueule de leur hardcore old school alors que Candiria apporte sa touche de groove avec un son de basse impressionnant. Mais la mention spéciale d’excellence revient sans conteste à Gojira, les ‘petits’ Français qui surprennent tout le monde. Ce sont eux qui ouvrent le dvd, et soufflent, que dis-je, désintègrent autant les pupilles que les tympans avec leurs trois titres. De leur dernier album, on aurait difficilement suspecté une présence sur scène aussi lourde. La double-pédale mitraille avec une précision chirurgicale, la guitare se fait alternativement oppressante et douleureuse puis accélère frénétiquement dans des élans purement death. La voix est pure et débarassée de toutes interférences (ce qui n’est malheureusement pas le cas pour tous les groupes) tant pendant le chant que le gueulage ou grognement comme on voudra.

Ce dvd est donc sans conteste bon, et vu la rareté des dvd dans ce style de musique, même indisensable autant pour ceux qui veulent se remémorer de bons souvenir que pour ceux qui veulent découvrir un festival qui va surement continuer son ascencion dans la hiérarchie des festivals d’ampleur nationale. C’est sur qu’à côté des dvd des groupes monstres, les angles de vues plutôt immobiles ou répétitifs ou même le son parfois un peu crade peuvent sembler ridicules. Mais on retrouve bien sur ce dvd la touche ‘fait maison’ qui donne toute l’ambiance à ce genre de manifestation. Beaucoup n’aimeront pas, mais il suffit de passer outre ces petits défauts pour passer un vraiment bon moment avec des groupes qui ne font que rarement (jamais ?) d’apparitions sur dvd. A ne pas rater.