Mine de rien, ce troisième album de Streetlight Manifesto s’annonçait comme un défi : comment proposer quelque chose de convaincant quand ses deux premiers albums frôlent la perfection ? Se contenter de faire tourner paresseusement les idées des deux premiers albums serait insuffisant, proposer de la nouveauté peut s’avérer casse-gueule… Le groupe avait déjà repoussé l’échéance avec une compilation de reprise bien sympathique mais là, ‘The hands that thieve‘ se doit d’être un vrai nouvel épisode dans les aventures musicales du groupe.

Si les précédents albums de Streetlight Manifesto se distinguaient par leur homogénéité, ici les sept du New Jersey est plus radical sur ce troisième album et n’hésite pas à montrer ses muscles : ‘Ungrateful‘ ou ‘They broke him down‘ renouent avec le ska punk nerveux de Catch 22, ‘Three of us‘ est plus heavy que tout ce qu’a pu proposer le groupe précédemment. Dans la tendance inverse, l’excellente balade folk ‘Toe to toe‘ surprend par sa douceur tout du long. Ces titres sont loin d’être mauvais, mais on regrettera le manque de nuances qui ont fait la force du groupe. Que l’on se rassure, ‘The hands that thieve‘ malgré ces errements reste un album de Streetlight Manifesto : des titres élaborés menés par une section cuivre triomphante capable de faire swinguer tout un département soins palliatifs. Des titres comme ‘Your day will‘, ‘The littlest things‘ ou ‘The hands that thieve‘ sonnent comme on aime. On aime particulièrement aussi les influences diverses exploitées ici à leur maximum : Mariachi sur ‘Only for memories‘, swing à la Sinatra sur l’insidieuse ‘Oh me oh my‘ et l’excellente partie funk lunaire sur ‘With any sort of certainty‘.

Plus brut de décoffrage que ces prédécesseurs, ‘The Hands that thieve‘ surprendra les habitués de la première heure, qui après un temps d’adaptation saura reconnaitre en Streetlight Manifesto l’âme d’un vrai taulier. Profitons-en tant que le groupe est encore en activité, Tomas Kalnoky laissant planer le doute quant à l’avenir proche du groupe.