Funeral For Friend avait déjà sorti une démo à l’époque, largement et à juste titre encensée par la presse et autres webzines et ce n’est pas ce ‘Casually Dressed And Deep In Conversation‘ qui viendra ternir sa réputation. Car si dans la soupe emo hardcore on retrouve souvent les mêmes ingrédients (hurlements à s’arracher les cordes vocales pour dire un simple ‘I miss you‘…, gros riffs suivis de mélodies dignes d’apparaitre dans le téléfilm du dimanche de m6, track acoustique en fin d’album pour dire que oui oui, ça y est, c’est la fin, coupe tombante effet ‘décoiffé mais j’ai quand même mis trente minutes top chrono à me la faire’, etc…), Funeral For A Friend réussit à tirer son épingle du jeu.

Déjà les premières notes de ‘Rookie Of The Year‘, on sent que l’album va avoir la sale habitude de tourner en boucle : riffs accrocheurs, influences métal et un chant ressemblant vaguement à celui de Davey Havock (A Fire Inside). Mais rapidement, l’écoute de l’album ressemble à une traversée du désert avec Thursday, The Used, Thrice ou encore Finch et ses influences pop sous la forme de cactus épineux… Car dans l’ensemble, on ressent très rapidement que le groupe manque de personnalité profonde. Mais qu’importe, les choeurs de ‘Juneau‘ nous font oublier ce petit manque d’originalité et on se concentre à nouveau sur la musique et les doubles pédales plus qu’entraînantes et bienvenues.

Finalement, on aura tout au long de cet album slalomé entre des mélodies classiques (‘Escape Artists Never Die‘, et bien senties mais efficaces, quelques tracks aux influences punk dont l’incroyable ‘Storytelling‘ sans oublier l’inévitable piste larmoyante / acoustico-romantique qui fera pleurer les plus émo-sensibles d’entre nous : ‘Your Revolution Is A Joke‘ où guitares et violons (oh, original tiens) se côtoient. Bref, du classique, mais du classique de qualité.