Ah, The Black Keys, au moins avant on savait quoi attendre d’eux. bien que leur musique était aux antipodes de leur attitude, c’était le genre de groupes dont on pouvait dire que leur musique était cool, eux le sont moins. ‘Fever‘, premier extrait qui avait été diffusé, contredisait néanmoins ma dernière phrase, car ce morceau aux sons électros mis en avant changeait des premiers singles auquel ils nous avaient habitué.
Les premières écoutes de ‘Turn Blue‘ se verront ainsi surprenantes. Porté par ‘Weight Of Love‘, le titre monte en intensité, avec comme point d’orgue cet intense solo, qui fait se dire que finalement, ‘Fever‘ n’était qu’un mauvais choix de single.
La suite se révèlera plaisante, on découvre avec grand plaisir ces titres qui rappellent ‘Brother‘ (‘In Time‘), qui même s’ils ne décollent pas vraiment, bénéficient au moins de la qualité de compositions auquel Auerbach et Carney nous ont habitué. On les sent à l’aise (‘Turn Blue‘), s’en suit une sorte de décontraction de leur musique qui ne s’essouffle pas et reste constante en qualité des compositions (‘10 Lovers‘). Ici le tremolo est roi et la spring reverb se fait reine (‘In Our Prime‘), le coté blues saturé de Brothers est mis de côté, on n’en retrouve que de rares restes (‘It’s Up To You Now‘), et l’ambiance psychédélique et vintage donne envie d’y revenir, pour découvrir les sons discrets, qu’on ne remarque pas lors des premiers passages.
Mais au fil des écoutes, c’est pourtant la monotonie qui se fait ressentir (‘Waiting On Words‘). ‘Fever‘ passe ainsi pour le titre catchy de l’album, et c’est sûrement ici que le bât blesse, car, même si l’ensemble s’écoute relativement facilement, on ne sent d ‘intensité qu’à de trop rares moments (‘Year In Review‘). Il faudra d’ailleurs attendre ‘Gotta Get Away‘, le titre final très typé American Rock, pour retrouver ce côté plus rock sur l’album, les nappes électros se font trop présentes pour faire partie de l’ambiance, la guitare se retrouve ici en retrait et c’est cruellement ce qui manque à cet album au final.

The Black Keys, sortent ici un contre ‘El Camino‘ qui répond à l’immédiat par des longs passages instrumentaux qui ne font que confirmer cette ambiance calme et assagie.
Surprenant par son homogénéité et par la nouvelle direction prise, ils sortent ici un album qui pêche par sa monotonie et une ambiance apaisée. Si l’ensemble attire facilement l’attention au début, on réalise au fil des écoutes qu’il y a un manque de titres forts, et de trop rares passages qui décollent réellement. Un disque bien interprété du début à la fin, n’est pas forcément un disque sur lequel on a envie de s’attacher au final.