Alors que certains pensaient la scène rock britannique mourante suite à l’explosion des Arctic Monkeys, la scène alternative se place depuis quelques années en digne successeur rock, nous offrant flopée de groupes débridés, et débridant. Mallory Knox est de ceux-là, et montre avec Signals ce qu’il a dans le ventre.

Le premier EP du groupe, Pilot, n’était pourtant pas folichon, contenant des morceaux plutôt prometteurs mais qui n’allaient certainement pas changer la face du monde.
Mais ça, c’était avant. Avec Signals, le groupe balance tout ce qu’il a en magasin, d’un air de dire « hey, tu croyais qu’on avait rien sous le capot ? Attends qu’on te montre un peu ! ».

Ce qui prime à l’écoute de cet album, c’est d’abord ce sentiment d’urgence du groupe qui en veut. Leur musique est explosive, mais tout en nuances et ne tombant jamais dans le pathos. Les refrains, totalement entêtants, sont tous désarmant d’efficacité, certains frôlant l’hymne comme ‘Lighthouse‘.

Proposant une palette variée allant de la pop-rock friendly (Beggars, Lighthouse, Hello) à des teintes post-hardcore toujours bien dosées (Death Rattle, Wake Up, Wolves, Signals), les compositions offrent des breaks intéressants où se cachent des montées en puissance percutantes, le tout mis en valeur par la voix de Mikey Chapman.

Et justement, parlons-en de cette voix. Son grain écorché donne une chaleur peu commune aux chansons de Mallory Knox, tantôt douce, tantôt éraillée, toujours chantée et parfois criée, voire hurlée. Si certains trouvent son timbre plutôt banal, personne ne pourra nier la maîtrise technique de Chapman, apportant un vrai plus à la foule de sentiments bruts véhiculés par l’album.

Plus globalement, les voix ont une place importante dans la musique de Mallory Knox, Chapman et Douglas (le bassiste) se répondant sur la quasi-intégralité des morceaux, dans la pure tradition punk rock. Si ce dernier n’atteint pas le niveau du chanteur attitré, il tire tout de même son épingle du jeu sur des chansons comme ‘Death Rattle‘ ou ‘Hello‘, donnant du relief aux pré-refrains.

Aussi, s’il ne devait rester qu’un morceau, ce serait certainement le titre éponyme, ‘Signals‘, qui a lui seul résume parfaitement bien la musique et l’esprit du groupe : une voix puissante et exaltée, des guitares mélodiques, une basse sauvage, un refrain grisant, un break planant.

Un premier effort qui donc respire déjà la maturité. On regrettera éventuellement une digestion partielle de leurs influences qui, du coup, transparaissent un peu trop (Paramore sur ‘Beggars‘ par exemple), et en pinaillant un peu, l’absence de solo marquant et des guitares peut-être un peu effacées. Défauts qui semblent totalement balayés d’un revers de main avec les nouveaux titres ‘Ghost in the Mirror‘ et ‘QOD II‘, préfigurant leur prochain album, Asymmetry, prévu pour le 27 octobre 2014.