Déjà 2 ans et demis que Wounded vogue dans les oreilles via un début remarqué sur BandCamp avant de faire son apparition sur vinyle et les plates-formes de streaming. Les 4 bruxellois ont eu le temps de tourner en masse et en rond parce qu’on ne compte plus leurs passages parisiens, lillois et en festivals. Premier effort notable sur Patine, ils ne commettent pas l’injure de piocher dans leur EP et n’offrent que du neuf. Connu depuis quelques mois, le single ‘Void‘ s’offre l’introduction et s’avère assez révélatrice de la totalité de la galette. Lente entrée en matière pour placer les instruments et les choeurs, breaks de batterie marqués caractéristiques et notes longues qui s’en vont chercher haut dénotent l’existence d’une vraie recette du morceau « à la BRNS » qu’on retrouve à plusieurs reprises sur l’album.

Outre le fait que les Foals, Breton et autres cousins du math-rock/pop ont sévèrement usé la corde jusqu’à épuisement, BRNS a parfois un côté mélo très prononcé par ses paroles et ses refrains, qui perd en émotion ce qu’il gagne en immédiateté. Dans le même genre, si la répétition peut aider à mémoriser les morceaux plus vite, le minimalisme a les défauts de ses qualités comme l’illustre ‘One, Two, Three Four‘. Les guitares sont rarement mis à l’honneur mais les triturations d”Inner Hell‘ par exemple apportent un peu de variété à des morceaux aux structures assez similaires. Dire que l’on reconnaît rapidement un de leurs morceaux s’avère donc une force, comme une faiblesse… On regrettera aussi l’interlude et la profusion de temps morts qui incite plus au zapping qu’à l’installation d’une ambiance. Cette tendance à s’étaler dans le temps ne rend pas justice à un album qui ne manque pas de titres réussis comme ‘Omen‘, ‘‘ ou ‘Any House‘.

De l’aspérité, Patine n’en manque pas. Pour autant, il arrive peut-être uun peu trop tard dans un genre musical sur-représenté. La variété n’est pas non plus le mot qui reviendra le plus à son écoute et l’ensemble est assez monolithique. Il reste pétris de qualités avec des arrangements soignés, des compositions à tiroir chiadées mais ses premières écoutes décontenancent et déçoivent. C’est seulement lorsqu’on reprend les titres un à un qu’on se rend compte de leur richesse. La faute également peut-être à une tracklist qui laisse les morceaux les plus agités vers la fin. Pour le jeu des comparaisons, les amoureux de Breton peuvent s’y plonger, ils ne seront pas déçus du voyage.

Avec 12 nouveaux morceaux dans l’escarcelle, BRNS a de quoi repartir en tournée pour longtemps. L’occasion pour nous de récupérer le supplément d’énergie et d’intensité dont l’album manque en studio.

Notre interview quelques semaines avant la sortie de l’album à lire [url=https://www.visual-music.org/interview-188.htm]ici[url].