Quasiment deux ans après la sortie remarquée de leur premier album, Signals, Mallory Knox revient sous le joug de Sony Music avec Asymmetry.
Très attendue, la galette se révèle enfin et le moins que l’on puisse dire, c’est que la première écoute est étonnante. Grâce aux previews successives de QOD II, Ghost In The Mirror et Shout At The Moon, j’espérais un album dans la veine de son grand frère, mais plus dur, plus hardcore (avec de gros guillemets). Que nenni ! Me voilà face à un pur album rock alternatif.
Lecteur je te vois déjà lever ton bouclier en hurlant des insanités … mais avant de partir sur le champ de bataille prends le temps de comprendre cet album.

Certes Asymmetry est moins explosif que son prédécesseur mais il n’en reste pas moins plus posé et réfléchi. La fougue et l’arrogance de Signals ont laissé place à une rage sourde teintée de maturité.

Maturité dans le son d’abord : les guitares sont plus fines en harmonie totale (Dying To Survive Fire Shout At The Moon) la batterie plus profonde plus en nuance (Getaway Lonely Hours) avec des rythmiques un peu plus atypiques et recherchées (Fire She Took Him To The Lake). Enfin la basse n’est pas en reste bien plus présente et groovy. On remercie pour cela Gil Norton producteur ayant collaboré avec rien de moins que les Foo Fighters ou Jimmy Eat World (deux des influences de Mallory Knox on ne peut plus évidentes sur Getaway ou Dare You).
Et que dire des voix ? Mikey plutôt balèze techniquement repousse ses limites et atteint une puissance assez stupéfiante (Dying To Survive Fire Lonely Hours She Took Him The Lake). Sam le bassiste a également pris des galons s’affirmant au fil des titres et dépassant le statut même de backing vocals. En symbiose les deux compères se complètent dans un chassé croisé lyrique constituant l’âme même de Mallory.

Maturité dans les compositions également : les morceaux sont globalement plus travaillés et aboutis tout en gardant une structure simple typique de l’emo-punk mais surtout ces refrains si entêtants qu’ils rendent fous. La marque de fabrique du groupe.
Les paroles quant à elles jusqu’à présent assez abstraites sont bien plus frontales dans cet opus et abordent certains noirs aspects de la vie de Mikey et Sam (les deux songwriters du groupe). L’album est plus personnel plus sincère et donc plus touchant : les mecs y ont mis toutes leurs tripes et ça se sent.

Maturité c’est aussi un peu la version polie du « groupe qui s’encroûte ». Et même si quelques titres radio friendly pas exceptionnels parsèment l’album (When We Are Waking Up Heart & Desire) on est très loin du fameux « second album raté ». J’en veux pour preuve la pierre angulaire de l’album She Took Him To The Lake chanson épique de 7 minutes d’une grande intensité pour le groupe un magnifique cri du coeur. D’autres titres comme Ghost In The Mirror Lonely Hours Dying To Survive ou The Remedy marquent par leur immédiateté et leur côté « rentre dedans » tandis que la grandiloquence (nouvelle pour le groupe) de Dare You ponctue parfaitement l’album.

Finalement Asymmetry porte très bien son nom : il reflète les influences diverses du groupe ses tâtonnements musicaux ces nouveaux chemins qui s’ouvrent mais également affirme un son plus tranché et nuancé ainsi qu’une capacité remarquable à composer des « hymnes » qui résonnent encore et encore. Nul doute que le groupe emprunte là une voie toute tracée : celle du succès.