De grosses percus d’orchestre symphonique, des choeurs qu’on croirait tout droit venus du fin fond de la Russie, une explosion, un canon ? Un tank ? Peu importe. L’intro de ce ‘Freedom‘, troisième album du quatuor Velocity pour l’auditeur non averti, pourrait être annonciateur d’un énième massacre de décibels d’une machine à tuer suédoise comme on en voit tellement de nos jours, ou encore d’un débarquement de divisions panzer allemandes et compagnie. Mais que nenni ! Car voici que ces quatre méchants garnements se mettent en fait à chanter en grec ! C’est que ça surprend un peu quand même au départ. Après cette intro décevante par son classicisme et son déjà vu on enchaîne sur un riff tout droit pompé sur du Hatebreed et une voix à la Biohazard se mêle dans le tout. Ca commence un peu mal on peut le dire, mais il ne faut jamais tirer de conclusions hâtives, ni vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, ni même courir sans être sur de partir à point, etc, etc…

Car oui, il faut bien le dire, le tout, même si ça a été déjà entendu des centaines de fois, est toujours aussi efficace : la voix est bien grasse et irritée, dans la pure tradition hardcore, et la batterie martèle ses rythmiques punk simplissimes mais toujours aussi entraînantes. Alors que certains titres (ne me demandez pas les noms, je ne sais pas parler ni écrire grec, désolé) rappellent les mélodies d’un Bad Religion bien énervé, d’autres sont enracinés dans des riffs graves rapides à la Sepultura old school. Les cris groupés de ces quatre déchaînés donnent bien envie de faire bouger sa tête et c’est le principal. C’est bien justement l’impression que donne l’album lorsqu’on l’écoute pour la première fois d’une seule traite : on a l’impression de ressortir d’un concert où un groupe aurait compilé ses titres qui font le plus bouger la foule. Mais ce côté ‘jump ! jump !’ prend parfois des tournures même un peu caricaturales, comme dans ‘Fight Them‘ ou encore ‘Viva la agression‘ (titre au sens qui reste d’ailleurs encore très ambigu). Pour en finir avec les défauts majeurs, qui décidément s’accumulent, un vrai problème à la batterie dont la grosse caisse manque de précision. Pour fonder cet argument qui pourrait paraître comme une critique totalement gratuite et subjective pour qui n’a pas écouté l’album, il suffit de se reporter aux titre 5, 6 ou même 7 (dont je ne me risquerais pas à écrire les noms) où la double est plus qu’hésitante et où deux pauvres coups ne peuvent pas être enchaînés correctement. Bon, c’est sûr, faut vraiment se concentrer que là dessus pour l’entendre, mais le problème c’est qu’au bout d’un moment on n’entend plus que ça.

Bon alors, à part cette méchante tendance à copier les groupes existants, à répéter une phrase à la style propagande vu et revu, et cette ù*$^*]\^@ de grosse caisse qui a du mal, que penser de ce ‘Freedom‘ ? En fait plutôt du bien, aussi contradictoire que ça puisse paraître car il se laisse écouter sans aucun problème. Les effets d’échos dans la voix appliqués à chaque refrain ou presque auraient pu empirer le tout… et bien non, ils ne rendent ces revendications que plus revendicatives et même crédibles. Certains refrains sont même terriblement accrocheurs à force d’écoutes et de réécoutes. Et puis on s’imagine bien ce que ce mélange de punk et de hardcore exprimé par un groupe aussi engagé que Velocity peut donner sur scène : une tuerie on en doute pas. Cet album est donc bon pour les fans de gueulade pure, dure et brute, les amis du headbang qui ne veulent pas se limiter à des détails qui au bout du compte n’importent pas tant que ça.