Le Butcherettes s’est imposé sur le tard chez nous au gré d’une première partie remarquée d’Antemasque et un disque ce qu’il faut d’hystérique et de couillu. Cry is for the Flies méritait bien donc un descendant et A raw Youth arrive en terrain semi conquis. C’était sans compter sur la folie de Teri Gender Bender, bien décidée à ne pas répéter les disques à l’identique.

Son idée la plus saugrenue est d’avoir mis de l’eau dans son vin. Du moins en apparence. Si le son s’est adouci pour ne plus être aussi strident et agressif, les paroles sont vindicatives et engagées. Le groupe s’est déjà plié à l’exercice des featurings et ici c’est Iggy Pop et John Frusciante qui rallongent la liste des crédits. Le premier n’est pas à la fête avec une voix caverneuse surjouée faussement démoniaque sur ‘La Huva‘. Une trouvaille trouvée d’occase sur le Bon Coin ? Pour Frusciante, le finish lui est réservé avec une longue complainte décharnée où la guitare dégueule du mix, comme si on devait absolument savoir que le messie John est de la partie. Au tableau des scores : Featuring 2- 0 Réussite musicale.

L’album empile des morceaux insignifiants. ‘Stab My Back‘, qui finit sans avoir l’impression qu’il soit commencé. ‘They Fuck You Over‘ sonne comme n’importe quelle morceau de punk rock FM chanté par une demoiselle. ‘Witchless C Spot‘ est un morceau des Yeah Yeah Yeah’s déguisé. Résistent quelques hymnes réussis mais flirtant avec le déjà entendu (‘Reason to Die Young‘) ou le titre à la Sleater-Kinney.

Pour revenir sur le titre du disque, cette jeunesse n’a rien de brute. Elle est plutôt édulcorée, générique et attendue. Pire qu’un mauvais album, le coup d’épée dans l’eau. A l’écoute du résultat final, vous pouvez nous trouver acerbe mais si Le Butcherettes marquait des points, c’était par son ton. Visiblement, il est ici aux abonnés absents et on ne peut pas dire que ça serve la notoriété du groupe puisque moins d’un mois après sa sortie, tout le monde s’en branle.