Avec la volonté d’en finir avec la connotation festive du groupe, il devenait impératif d’amputer La Ruda de sa salska. Et ce changement de direction musicale se ressent dès le début de l’album, pour le coup beaucoup plus rock.

Jamais les guitares n’auront été aussi présentes chez La Ruda, estompant au fur et à mesure les trompettes et autres cuivres (‘Pensée Malsaines‘ au allures évidentes de punk, ‘L’Eau Qui Dort‘, la puissante ‘L’Admirable Refrain‘ presque métal…). Peut-être est-ce dû à la présence de Fabrice Leyni qui avait déjà sévi pour Pleymo, mais heureusement pour le fan du combo spécialiste des live, la transformation s’arrête là. Car si La Ruda voulait assurément changer la donne et se défouler un peu, des titres plus classiques et toujours autant efficaces que dans le passé sont présent, avec heureusement le même esprit (‘L’époux des Rancoeurs‘). Et dans un soucis de renouvellement, c’est ‘Naoüel‘ qui pointera le bout de son nez, accompagnée de sa boîte rythmique en parfaite opposition avec le refrain qui sera encore plus mis en avant.
Cependant, on est un peu moins enthousiaste quant à l’esprit festif qui fait cruellement défaut lors de la première écoute de ‘24 Images Secondes‘, surtout si on a l’habitude de suivre le groupe sur scène… Reste plus qu’à leur donner leur chance et voir comment les nouvelles compos sont défendues en live.

Si au final on se demande où est passé La Ruda Salska d’antan, on ne peut qu’applaudir la venue de la La Ruda, sorte de renaissance du groupe. ‘24 Images Secondes‘ ne fera pas mouche à la première écoute, mais arrivera facilement à se faire une place parmi les albums qu’on s’écoutera de temps en temps, histoire d’avoir la pêche. Et puis après tout, c’est le printemps, nan ?