Joey Cape et Tony Sly, respectivement front leader de Lagwagon et No Use For A Name, réunis sur un cd, il y a de quoi être content. Si en plus on sait qu’ils sont là pour reprendre leurs chansons ainsi qu’une inédite chacun à l’acoustique, il y a de quoi être heureux. Et si enfin on se rend compte que ces deux personnes sont vraiment deux des meilleurs auteurs que le punk rock mélo ait connues, il n’y a plus qu’à sourire béatement comme un imbécile, parce que la vie est belle.

Les deux premiers mp3 disponible grâce à Fat sur leur site officiel m’avaient donné l’eau à la bouche. Et lorsque je reçu ce fameux cd dans ma boite au lettre, c’est avec une joie non dissimulée que je me suis mis à crier d’une vive voix un ‘Yeeeeeaaaaaah‘ devant ma boite au lettre et face a mon voisin qui lui aussi retirait son courrier (vu sa tronche il n’avait sans doute pas reçu le même cadeau). Je rentrai donc chez moi, et ouvris mon fameux paquet.

Le split sobrement intitulé ‘Acoustic‘ et ayant sur sa jaquette une simple guitare sèche tunée aux stickers annonce en effet la couleur. Nous allons tour a tour parcourir en 6 chansons l’univers de No Use et de Lagwagon retourné à l’état primitif lorsque l’électricité n’était pas encore là. Et on commence avec Tony Sly :

C’est avec une intro au piano suivie peu après d’une guitare que le cd commence. ‘International You Day‘ ouvre donc le bal. Le tempo a chuté, des violons se sont rajoutés, la voix de Tony Sly encore plus mise en avant donne à ce titre un air reposant et calme. Tony Sly possède une magnifique voix, on le sait grâce aux opus de No Use For A Name, mais ici, on se rend vraiment compte de la qualité son chant. On enchaîne sur ‘Not Your Savior‘ avec la même intro que sur la version de ‘More Betterness‘, le seul changement étant la guitare qui passe d’électrique à acoustique. On imagine parfaitement nos compères de chez No Use en train de composer dans un studio ou dans le fond d’un bus. Ca monte en émotion avec ‘Exit‘ vraiment magnifique ! On est bien loin du punk rock -voir hardcore- mélo que No Use nous sert d’habitude mais on ne peut s’empêcher de dire que ces reprises sont magnifiques ! L’apothéose sur la partie de Tony Sly, ‘Stunt Double‘ littéralement enchanteresse, cette chanson dégage énormément, la voix de Tony est du plus bel effet. On est sur un petit nuage, lorsque le piano se rajoute à la guitare complétant parfaitement la mélodie. On est toujours haut dans les airs lorsque commence ‘Justified Black Eye‘, cette chanson est très forte au niveau des paroles, une des plus belles de No Use selon moi. Elle est magnifiquement retranscrite à l’acoustique ici. Pour terminer, c’est la surprenante ‘On The Outside‘, une des chansons les plus rapides de No Use. Des choeurs lancent la chanson et ceux-ci l’accompagneront tout au long, la guitare viendra peut après, le changement par rapport à la version originale est brutal mais l’émotion dégagée par Tony est tout simplement frissonnante.

A peine remis de cette grande claque que viens de nous asséner Tony. C’est Joey qui s’y met et attention ne vous attendez pas à retrouver une grande ressemblance avec les originales, bien que ce split se rapproche légèrement de certaines compos de Bad Astronaut, le changement est au rendez-vous.

C’est avec ‘Move The Car‘ que Joey commence sa perf’, les chansons sont plus travaillées que celles de Tony qui lui est resté plus près de la simple guitare. La voix du Caper est superbe, de trés bon effets sont rajoutés et les cordes rajoutent cette dimension apaisante. Sachant la présence de Angus Cooke, qui travaille avec de nombreux groupes dont The Ataris spécialiste en reprises acoustiques, on a le droit à une très belle cohésion des instruments. Tout se complète à merveille. C’est ensuite ‘Violins‘ qui arrive et là c’est difficile de trouver les mots pour expliquer à quel point cette chanson est belle. Le sourire béat revient et on est simplement heureux de reprendre, avec ce tempo très lent, les paroles de cette chanson qu’on avait du mal à chanter à l’époque de ‘Hoss‘. L’arrivé d’un accordéon suivie d’un banjo font de l’interlude un moment magique où le temps s’arrête (juste le temps de pisser dans son pantalon). On est encore une fois à milles pieds au dessus de la terre lorsque s’enchaîne ‘Tragic Vision‘. C’est encore superbe, Joey Cape a décidément la main pour faire passer une émotion à travers ses chansons. La production est magnifique, la voix du Caper envoûtante et la mélodie déroutante… On se perd vite dans ses pensées lorsque ‘Twenty-Seven‘ commence, par un piano d’abord, puis une guitare, on entre doucement dans le pays magique de Joey… Je ne rajouterais pas d’autres commentaires sur cette piste, elle est magnifique, tant les paroles que la mélodie. Arrive la dernière reprise de Joey, ‘Wind In Your Sails‘, encore une fois c’est beau, la voix de Joey contribuant allègrement à cela. Il nous offre ici une magnifique version, le violoncelle, les violons et la guitare formant une mélodie des plus belles. On termine sur l’inédite, ‘Violet‘, légèrement en dessous de ses autres chansons à mon goût mais quand même vraiment très bonne !

Voilà, 39 minutes viennent de s’écouler, et à vrai dire je trouve que ce cd est une réussite. Bien sûr les fans de No Use For A Name et Lagwagon, et du punk rock en général, qui n’apprécient pas les balades acoustiques peuvent d’ors et déjà oublier ce cd car on est loin (très loin) des versions originales. Mais pour les autres, fan ou pas fan des deux groupes, si vous aimez les chansons qu’on peut chanter assis sur une peau de bête face à une cheminée dans un chalet dans le Vercors pour séduire sa belle (ou pas), je vous le conseille vivement, Tony Sly et Joey Cape n’ont pas qu’un talent de punk rockeur, ils peuvent varier leurs façons de jouer et c’est plus que réussi !