Somptueuse, c’est le qualificatif qui descend droit vers la bouche après une interconnexion de synapses ayant été simulées par la vision du somptueux digipack de ‘Magic Summer‘. Et pour cause, c’est David Hamilton qui l’a pondu. Le type qui a filmé pour la première fois les fesses d’Emmanuelle Béart, c’est lui. Un artwork à l’image de cette compilation pondue par Recall, le label qui monte qui monte et qui fait pas les choses comme les autres. La preuve : dedans, on retrouve de l’electro planant et dansant, du rock indé signé Finley Quaye, du folk servi par Mazzy Star et sa voix lascive et même un peu de reggae signé Jehro. En somme, un bon cocktail pendant qu’on bronze sur le sable d’une quelconque plage, ce qui tombe bien puisqu’il s’agit avant d’une compilation judicieusement dédiée à cette période.

Et l’exercice de la compilation est dur. Combien de fois avons nous passé des heures et des heures à s’enregistrer une pauvre cassette pour son walkman, un pauvre cd gravé avec ses meilleurs tubes pour passer de bonnes vacances ? L’objet devient intime, personnel et ce n’est sûrement pas une association de morceaux sans histoire qui pourront les remplacer. Sauf que la sélection de Magic Summer est minutieuse, réfléchie. Pas moyen de s’ennuyer avec les genres qui se suivent sans se ressembler. Après une track de Groove Armada trip-hopienne qui nous prend effectivement aux tripes, on goûte à ‘Dice‘ de Finley Quaye et de la voix sensuelle de Beth Orton qui avait déjà sévit avec les Chemical Brothers. Et après avoir été poussé en avant par cette chanson remplie d’humanité, on passe à une piste planante des Lady & Bird qui sont en plein revival d’Air période ‘The Virgin Suicides‘. Tout ça pour se retrouver dans une piscine des années 70 sous fond de Tommy Hools et de sa musique presque kitch, qui aurait baigné dans une eau très funky groovy. Et c’est le début de soirée, le soleil se couche, et l’une des quatre inédites de cette compil’ pointe le bout de son nez. Terranova se révèle être en forme avec ‘Ground Of Original Nature‘, qui prédit un très bon album à venir bientôt. Sans compter la participation de Colder, planante. Il est déjà cinq heures du matin, les Robots In Disguise déboulent, plus calmes cette fois et délaissent leur éléctro dansant pour toujours plus de sérénité. Et déjà, le soleil se lève. Générique de fin, Ian Pooley balance une piste, la piste de fin de film. Et c’est avec regret qu’on se rend compte que c’est la fin, mais le truc de cette compil’, c’est qu’on peut l’écouter en fin de compte à n’importe quel moment de la journée…