Imperial Sodomy est mort, vive Imperial Sodomy. C’est un peu comme ça que pourrait s’annoncer le second album de ce jeune groupe français. Car si le nom reste le même, plus un seul des membres fondateurs et interprètes de ‘Tormenting The Pacifist‘ ne figurent dans le line-up actuel. Il est donc évident que leur son non plus n’est plus le même. Mais c’est peut-être mieux ainsi.

Pour ce qui est du style, tout est dans le nom : non pas qu’en écoutant cet album on ait la fâcheuse impression de se prendre une décharge dans le rectum (quoi que…), non, mais plutôt parce que la musique de ces 5 malades est aussi subtile que le nom du groupe est poétique. Tout le monde l’aura bien compris, on a droit à un death ultra brutal, ultra rapide…on apelle ça du grind ? Bon alors va pour du grind, même si parfois c’est pas vraiment ça avec ce côté ténébreux et puis ces quelques solos qui viennent brouiller les pistes (‘Death Forge‘).

On a donc pas le droit à une seule seconde de répit du premier riff chaotique de ‘Cool Shit‘ jusqu’au dernier coup de grosse caisse de ‘Death Is All‘ cloturant ce massacre. Car c’est bien un vrai massacre auquel on a droit : vos neurones sont des petits tchétchènes sans défenses et les dix titres de l’album sont une armée russe gorgée de vodka. La comparaison peut paraître cruelle mais vu les penchants nihilistes du groupe (‘I Hate Humans‘, ‘Death Is All‘,…), c’est bien celle qui lui allait le mieux. Et attention à celui qui voudra se taper un petit headbang en rythme avec ‘Mortal Unleashed‘, car il risque bien d’y perdre quelques vertèbres cervicales !

Oui ça va très vite, oui ça fait mal, oui c’est complètement barbare et incensé mais c’est fait pour. Pourquoi écouter ça, alors ? C’est vrai que dit comme ça, le tout peut paraître complètement insipide et innintéréssant, mais non. Imperial Sodomy a en effet cet esprit ‘rebelle’, cynique (quand les satanistes retournent des croix, eux retournent un symbole peace and love) et plein d’auto-dérision qui a fait le succès de groupes ‘conceptuels’ tels que Gronibard ou dans un autre genre Genital Grinder. Musicalement ça n’a vraiment rien à voir mais l’esprit est là. La différence c’est qu’au niveau instrumental, Imperial Sodomy assure vraiment.

Oui car changement de musiciens ça suppose quand même que ce soit pour des meilleurs, sinon quel intérêt ? Et c’est en écoutant le nouveau batteur, Orifist, qu’on comprend enfin pourquoi le groupe est passé de death brutal au grind. Le mitraillage ne cesse pas, il écrase tout sur son passage et sait alterner les styles, placer quelques mid-tempos enragés tels que ceux de ‘Disfigured Lacerator‘, véritable apogée de violence pure, sans jamais céder une seule seconde à la facilité. Les guitares aussi en mettent plein les dents et passent de temps en temps de ce son death classique à des envolées presque thrash, bien noisy et bordelique en tout cas, bref toujours dans l’esprit du groupe.

Alors c’est sur c’est pas l’album de la décénnie, ni même de l’année et en fait même pas du mois…mais pour peu qu’on aime le death qui rend hystérique, le death qu’on apprécie surement mieux encore avec quelques grammes d’alcool dans le sang, le death qui donne envie de démonter, casser, détruire tout ce qui a la moindre valeur, alors autant se prendre une petite Imperial Sodomy pour la route. Hum hum, la classe…