Pas très connus encore dans l’hexagone, Total Devastation, se sont fait, avec leur innombrables démos et leur premier album, une renommée dans leur pays d’origine, la Finlande, en tournant nottament aux côtés de groupes tels que Entombed, Cause For Effect, Rotten Sound ou encore les excellentissimes Mokoma. Oui, on l’aura deviné avec ses deux albums au conteur et ses innombrables concerts, Total Devastation est un groupe de scène. Mais quand ils entrent en studio, généralement, c’est pas pour rien. C’est donc forts de ces trois années de tournée non-stop depuis leur ‘Roadmap Of pain‘, que les six membres du groupe nous ont pondu onze titres tout beaux tout chauds pour ce second album, ‘Reclusion‘.

Et dans le monde parfois très conventionnel du death, il faut bien avouer qu’un album comme celui-ci apporte une rvaie bouffée d’air frais. Peu de blasts à l’horizon, c’est plutôt un melting pot d’influences allant de Neurosis à Morbid Angel en passant par Nine Inch Nails qu’ont concocté ces cinq musiciens plein de créativité. Cinq musiciens pour six membres, que fait donc le dernier ? Lauri Pikka, s’il ne tient pas à proprement parler un instrument dans ses mains, n’en contribue pas moins à l’ambiance si particulière que dégage le son du groupe puisqu’il s’occupe des samples et autres sons non identifiés, si nombreux tout au long des quelques quarante minutes de l’album.

Parce que Total Devastation est beaucoup plus riche et varié en sonorités différentes que son nom pourrait laisser penser. Il suffit d’écouter ‘Murderous‘, le titre d’ouverture, avec beat electronique en fond, et sa rythmique mécanique ou l’intro et les ponts style industriel de l’excellent ‘Ground Zero‘ pour se convaincre que la formation est plus proche de l’esprit de Rammstein, Laibach ou encore Aphex Twin que de Dying Fetus. Ce metissage fait d’autant plus plaisir qu’il s’accompagne de performances techniques irréprochables et d’une production à toute épreuve : l’assise rythmique ternaire de ‘Repentance‘ n’a rien à envier à du Meshuggah et le son d’une clarté rare avec son petit esprit jazzy rapellerais presque les premiers albums de Dillinger Escape Plan.

L’un des seuls éléments, avec un débit parfois élevé à la batterie et quelques riffs extrêmement lourds comme sur le Kataklysmique ‘No Surrender‘, qui rapprochent vraiment cet album du death est le chant de Jaakko Heinonen : il hurle, grogne, gémit et ses complaintes parfois très hardcore pourront repousser ceux qui apprécieraient pourtant la musique. Le parfait exemple, serait le dernier titre de l’album, ‘Bleeding Time‘, pourvu d’une rythmique très accrocheuse à la Fear factory, d’un refrain mélodique destructeur, mais dont les couplets 100% grind tranchent radicalement avec ce côté facile d’accès. ‘Divine‘ suit le même schéma, avec sa grosse intro et ses couplets à la Slayer, et casse le rythme avec l’arrivée en guest du grindeux hurleur G de chez Rotten Sound. Ne parlons même pas du plus que surprenant ‘They Stand On 3‘, avec son début de tube néo-métal, enchaîné sur un mitraillage digne de Hate Eternal et qui finit en choeur hardcore guttural sur fond de solos heavy.

En tout cas on ne peut pas dire que ce ‘Reclusion‘ n’est pas original, et pour beaucoup il le sera surement même un peu trop. Mais ceux qui aiment autant Ministry que Hatebreed ou même Mudvayne et qui auront la patience d’écouter assez longtemps risquent de trouver en Total Devastation une excellente alternative, certes un peu brutale par moments, mais au moins un peu moins conventionelle, à leurs groupes favoris.