Divine Empire est encore pour beaucoup aujourd’hui un produit dérivé des membres fondateurs de l’excellent Malevolent Creation, un des groupes de death au line-up le plus instable qui soit. Et tous ceux qui savent apprécier ce magnifique instrument qu’est la batterie comprendront à quel point le fait qu’un batteur tel que Derek Roddy soit passé dans ces deux formations les ait toutes deux marquées à jamais. Un gros bourrin pour beaucoup, il reste tout de même indéniable qu’ils sont peu sur cette planète à atteindre une telle vitesse avec un jeu de double aussi précis. Mais Derek est parti il y a déjà quelques temps de cela (pour Hate Eternal) et Divine Empire a continué à produire des albums, jusqu’à ce ‘Method Of Execution‘, quatrième volet de la série.

Attention à ne pas confondre avec le furieux ‘Methods Of Execution‘ des ricains de Brodequin. Non, rien à voir. Divine Empire font du death aussi, mais beaucoup plus fin et recherché. Et très souvent, c’est presque des influences classiques qui se font ressentir, dans la mélodie mais aussi dans la progression des titres, souvent sous forme de variations, longues et subtiles. N’éxagérons pas, ça reste extrêmement brutal quand même et ça blaste dans tous les sens du début à la fin mais ce sont ces petits passages slappés à la basse accompagnés de percussions tribales ou ces longs mid-tempos écrasants où des lyrics malsaines murmurées se mèlent à une lead torturée qui font tout le charme de ce style si particulier.

Beaucoup de similitudes donc avec Hate Eternal justement, ou encore Nile, bref que des grands noms. Mais les racines très black ne sont pas loin non plus et si certains membres avouent leur admiration pour Emperor (avec qui ils ont récemment tourné) et compagnie, ça se ressent aussi dans les structures très ‘étirées’ des compositions : on prend une rythmique, on la malaxe en la faisant allègrement passer à travers des interprétations ternaires du plus bel effet et des accélérations sur fond de guitare lead hurlante et chaotique et le tour est joué (‘Storm Of Hatred‘). N’oublions pas les quelques riffs presque mélodiques dans une tradition plus européenne histoire de mettre de côté la brutalité de la côté Est pour quelques instants (‘Incarcerated‘).

Mais on retrouvera également des passages plus moderne et d’inspiration plus industrielle avec la guitare rythmique de ‘Judge, Jury And Executionner‘ callée avec minutie sur une batterie survoltée. Un grand bravo tout de même à Duane Timlin (ex-Anal Cunt, quel changement radical !) qui succède à la pléthore de batteurs que le groupe avait pris puis rejetté après le départ du grand Roddy. Il faut dire que la barre avait été placée extrêmement haut mais Duane s’en sort à merveille et nous prouve avec un son quand même très mais alors très triggé qui ne plaira pas à tous que jouer dans Anal Cunt ne l’a pas privé d’une technique en béton, contrairement à ce qu’on pourrait penser. L’expérience des temps passé chez Malevolent Creation se fait tou aussi nettement ressentir chez Jason à la basse et au chant, qui excèle dans ces deux domaines en n’hésitant pas sortir quelques lignes impressionnantes de technicité tout en hurlant ses litanies malsaines.

Le problème est qu’au vu de toutes les sorties du moment, et même si les productoin de ce genre de dream-team du death sont très attendues, le résultat reste plutôt fade : les mélodies sont plus présentes mais n’ont en fin de compte rien de révolutionnaire et les structures, si elles sont bien alambiquées ont vite tendance à se répéter. ‘Method Of Execution‘ aurait pu être le succésseur d’une tradition death américaine qui commence a avoir son histoire et ses références, l’impulsion à relancer une machine qui avait produit Dying Fetus ou Morbid Angel, mais il ne sera malheureusement rien de plus qu’un ‘bon’ album de death. Dommage, même si en soit, c’est déjà beaucoup.