L’outrage est réparé. Grâce à l’initiative du label Paranoid Records, ‘La Décadence De La Décadence‘ est enfin disponible en France autrement qu’en import – un comble pour un groupe français, le meilleur qui plus est -.

Car avec ce premier album qui s’est vu précédé de 3 EP, Amanda Woodward s’affiche nettement comme le groupe français le plus excitant, le plus passionnant, le plus troublant, le plus touchant qu’il nous ait été donné d’écouter depuis un long moment (Metronome Charisma, dans une veine plus Hardcore chaotique, avaient eux aussi réussi dernièrement à nous toucher là où l’on ressent autant de mal que de bien.)
Si leur screamo à l’attitude punk et à la portée fortement emo (‘Le Temps Du Deuil‘) n’est pas à conseiller au premier venu, la production bien rock permet néanmoins au néophyte d’y jeter autre chose qu’une vague oreille accompagnée d’un air de dégoût. Alors que les guitares énergiques crachent des mélodies intenses et efficaces (‘Mise A Sac‘), la jouissive rythmique toute en tensions ne fait qu’accentuer ce sentiment unique mais indescriptible que le screamo procure, mélange de mélancolie , de rage et d’orgasme. Et comme si cela n’était pas encore suffisant (en plus d’un artwork soigné), Gérome vient hurler, de sa voix franche et hargneuse, des textes en français superbement écrits où il mord à pleines dents dans cette société où chacun s’efforce de survivre (‘ ‘On’ Est Un Con ‘).

Si le Japon peut se targuer d’avoir Envy, les Etats-Unis Yaphet Kotto et l’Allemagne Yage, la France peut elle aussi avec Amanda faire la fière. ‘On touche à la grâce…‘, le mot est lâché. Grandiose.