Il y a tellement de petites perles de death qui sortent partout dans le monde et dont on est privé dans notre hexagone que parfois ça en devient déprimant… Il suffit de penser pour ça au fait qu’on aurait pu ne jamais avoir droit au magnifique ‘Hate. Malice. Revenge.‘ de All Shall Perish et qu’il a encore fallu patientier longtemps pour qu’il sorte en France. Le même cas de figure s’applique à peu près à ‘Defiant Imagination‘, troisième album des canadiens de Quo Vadis. Car oui, ça fait déjà un an qu’il a vu le jour outre atlantique et il a donc fallu patienter tout ce temps pour qu’un label comme Underclass, qu’on ne peut que remercier grandement pour ça, se décide à nous le sortir. Et pour ceux qui verront en l’import un remède à tous ces problèmes de labels, je dirais que ce n’est pas faux mais que tous n’y ont pas forcément accès. Donc pour le bonheur du plus grand nombre, voyons donc ce que donne ce ‘Defiant Imagination‘.

Autant le dire tout de suite, la dernière claque de cette force que j’avais prise, au niveau technique et de la production, datait du monstrueux ‘Epitaph‘ de Necrophagist. Car oui, l’idéal que j’ai du son que doit dégager un groupe aussi bourrin que Quo Vadis se rapproche à très peu de choses près de celui de cet album. Dès les premières secondes, ‘Silence Calls The Storm‘ donne le ton : une batterie extrêmement mise en avant (et pas pour rien, comme on le verra plus tard) qui donne, en duo parfaitement accordé avec une basse tout simplement explosive, toute la base sonore du groupe. Et pour cause, les deux instrumentalistes savent ce qu’ils font. Yanic Bercier derrière ses fûts atteint des vitesses incroyables tout en gardant une fluidité incomparable, mélant la précision mécanique de Herrera de chez Fear Factory pendants les longs blasts de double pédale (comme sur la première minute hallucinante de ‘The Tunnel Effect (Element Of The Ensemble IV)‘) et les coordinations inhumaines de Kollias de chez Nile comme sur l’intro magistrale de ‘Fate’s Descent‘. Bref, le genre de batteur qui donne envie d’aller voir dans le livret s’il n’y aurait pas quelque programmation dans l’affaire tant ça semble incroyable.

A la basse, quelle excellente surprise de retrouver le grandiose Steve DiGiorgio des légendaires Testament, qui donne avec son jeu tout le sens qui est du à la puissance d’une fretless plus mélodique que jamais. Ça joue haut, souvent très haut, ce qui ne laisse que moins de place aux imprecisions. Pourtant, que ce soit sur les couplets mid-tempos de ‘Dead Man’s Diary‘ où les solos tous terriblement inspirés succèdent les uns aux autres par moment sur fond de guitare acoustique ou sur ‘Silence Calls The Storm‘ où il s’agit de faire chauffer les articulations de doigts qui semblent souvent trop peu nombreux pour réaliser de telles performances, l’artiste ne fatigue jamais, bénissant littérallement les compositions pourtant bien alambiquées de ses camarades d’une assise rythmique innébranlable. Pour résumer le tout; côté technique, cet album est un vrai choc.

Pour ce qui est du reste, c’est-à-dire d’un point de vue purement artistique, il faut bien avouer que même si l’alliance entre guitare et basse met en avant un sens mélodique par moments presque éxagéré, on ne peut s’empêcher de penser que certaines lignes parmis les plus simples, rapellent les classiques du death mélodique scandinave. Les riffs des refrain de ‘In Contempt‘, ‘To The Bitter End‘ ou encore ‘Break The Circle‘, bien que proposant des arrangements très originaux et des interprétations différentes, ne restent que des variations de ce qu’on fait avant eux Old Man’s Child ou Dark Tranquility pour ne citer qu’eux. D’un autre côté on ne peut que reconnaître à Quo Vadis le talent qu’ils ont pour allier l’aspect oldschool de leurs compositions qui se rapprochent parfois d’un power metal d’il y a une dizaine d’années à leur son global qui sait s’aligner à merveille aux productions actuelles.

En gros, on peut dire que même si ‘Defiant Imagination‘ de Quo Vadis n’est pas une révolution quand aux compositions, il a tellement d’autres qualités (et pas seulement techniques) qu’il serait malheureux de passer à côté. Et puis quand on entend de vrais petits chefs-d’oeuvres tels que ‘Silence Calls The Storm‘ sur lesquels les growls sans fin de Stéphane Paré prennent toute leur ampleur grâce à de subtils effets, il devient difficile de résister.