Il y a de cela quelques temps déjà, j’étais tombé sur un article traitant du nouvel album de The Red Chord, ‘Clients‘ et quelle ne fut pas ma surprise de voir à côté du nom de ce groupe, dont le death nerveux, certes, mais plutôt noisy et chaotique ne m’avait jamais été très cher, la mention ‘death technique’. Death technique ? Tiens ? C’est nouveau ça, il y a eu un changement de line-up ? Parce que jusqu’ici, mes fragiles oreilles avaient été plus qu’imperméables au premier opus de ces américains pas contents : trop grind pour être hardcore, trop hardcore pour être grind, et sûrement pas deaht technique, le mélange s’équilibrait plutôt mal à mon sens…

Alors d’où vient ce retournement de situation, s’il y en a un ? Et bien en réalité et si on regarde bien en profondeur, la technique est moins chez le groupe qu’au niveau de la production. En effet, c’est Zeuss (Hatebreed, Shadows Fall…) qui s’est occupé de cette tâche (que j’imagine plus que difficile vu la densité sonore que dégage le groupe…), et il faut dire qu’il s’en est occupé à merveille : adieu le son ronflant et totalement surdimensionné de ‘Fused Together In Revolving Doors‘ et bienvenue à un son d’une clarté remarquable, plus nuancé, arrangé d’effets de voix qui au lieu de saturer encore plus un ensemble déjà bien bordélique le rendent extrêmement fluide.

Parlons-en de la voix justement. Il faut bien avouer que Guy Kozowyk sait manier son organe avec puissance et justesse. C’est d’ailleurs lui qui rappelle, maintenant que le reste du son a prit cet aspect nettement plus lisse, qu’on est en présence de The Red Chord, le méchant monstre anciennement underground qui hurle, fracasse et tâche. Oui cette voix est rauque et rugueuse, on sent les cordes vocales frémir puis se tendre pour laisser échapper soit un growl monstrueux soit un de ces cris caractéristiquemes des grands du hardcore US, le genre de cris qui entrainent les foules. En tout cas il n’y va pas à moitié et son timbre se rapproche parfois d’un Poison The Well, ou autre groupe multi-genre du même style.

Pourtant, au bout de ces presque quarante minutes de défouloir, on est loin d’être comblé. Les longs titres à structures complexes s’enchaînent avec quelques brefs mitraillages dans les règles de l’art, et pourtant aucun riff vraiment intéressant ne sort du lot, aucune rythmique ne se démarque des autres et au bout du compte c’est la lassitude qui gagne. Et j’en reviens, malgré cette production ayant subi un lifting tout de même conséquent, à mon problème de départ, ce même problème qui avait provoqué en moi le rejet de ‘Fused Together In Revolving Doors‘ : l’ennui le plus profond.

Du coup, on est loin du death technique promis par une presse pas toujours très éclairée et ce martellage de riffs tous plus semblables les uns que les autres prend, à mes oreilles en tout cas, un aspect proche de la torture. Ben oui, quand on joue aussi, bien, qu’on crie aussi spontanément et qu’on a l’occasion de se payer une production de qualité, ils auraient pu faire l’effort de composer un ou deux titres qui marquent les esprits. Les rares moments de grâce ou on a droit à une guitare acoustique accompagnée de percussions éffrénées ne durent que quelques secondes. Les quelques mélodies se transforment toujours bien vite en écorchements de guitares qui vont bien deux secondes, mais qui sur chaque titre finissent vraiment par lasser. Oui, on a compris qu’ils savent les torturer leurs instruments, mais maintenant il serait temps de construire quelque chose d’un peu plus varié.