Lorsqu’Ill Nino est arrivé avec Revolution/Revolucion en 2001, je dois avouer que j’ai beaucoup apprécié. A l’époque, encore plus qu’aujourd’hui la grosse vague néo métal était en perte de vitesse et il faut bien dire que ce jeune groupe avec ses accents hispaniques et ses rythmiques endiablées teintées de riffs plus oldschool apportait une grosse bouffée d’air frais dans un style en pleine suffocation. Pourtant deux années plus tard, ‘Confession‘ venait ternir mon image du groupe avec ses singles formatés, sa voix claire bien trop présente pour un chanteur pas si expréimenté que ça dans le domaine et ses chansons d’amour pleines de clichés. Du coup, j’étais bien moins impatient d’écouter ce troisième opus, ‘One Nation Underground‘. Pourtant, autant le dire tout de suite, si on est pas devant l’album du siècle, il y a bien plus de bonnes surprises dans cette galette que je n’aurais jamais aimé avoir à l’avouer.

Mais la première chose qui vient à l’esprit dès que démarre le premier riff de ‘This Is War‘, c’est la différence de son entre cet opus et les précédents. Enfin surtout par rapport à ‘Revolution/Revolucion‘ (admettons que toutes les comparaisons que je ferais seront faites par rapport à ce premier album, hein, vu que je suis complètement passé à côté du second à cause de sa…humhum…nullité ?). La batterie sonne extrêmement synthétique, la guitare très claire pourtant très mise en avant a du mal à remplir l’espace sonore et le tout sonne très léger, limite pop comparé au gros son bien gras et des percus tribales d’avant. En contre-partie, c’est beaucoup plus compréhensible et il faut bien avouer qu’écouter certains riffs en détail est plutôt agréable tant ils sont parfois bien pensés. Je pense par exemple à ‘My Resurrection‘ qui nous offre une cavalcade des plus entrainantes à la suite d’une intro tribale et primitive comme il faut…et un autre gros point positif de ce titre : pas de chant clair.

Attention je ne dis pas que les parties chantées sont toutes mauvaises, mais il faut bien avouer que ça sent souvent la faille technique : les voix sont doublées, pleines d’effet dont on se doute qu’ils sont là uniquement pour masquer un manque de puissance et de justesse qui transparait tout de même. Je n’irais pas à dire que c’est aussi affligeant que sur ‘Confession‘, Cristian Machado a sans conteste possible eu le temps de progresser dans ce domaine, mais quand on entend à quel point il sait gueuler quand il veut, c’est d’autant plus dérangeant quand il se met à fredonner ses mélodies souvent insipides et faiblardes. Il suffit d’écouter ‘Turns To Grey‘ ou figure en featuring le colossal leader de Hatebreed, Jamey Jasta : les couplets au phrasé haché se marient presque parfaitement à un court refrain en voix claire pas trop poussée jusqu’à ce que le hardcoreux vienne aboyer sur un mid-tempo titanesque pour un final de toute beauté.

Après, il fallait bien s’y attendre, on n’échappe pas au single tout beau tout lisse prêt à passer sur les ondes, ‘What You Deserve‘ avec sa mélodie simplifiée au maximum pour accrocher au plus vite, ses guitares pop et ses voix nasillardes répétant deux ou trois mots histoire que les kids puissent chanter en choeur. Heureusement que des titres comme ‘Violent Saints‘, sur lequel on retrouve les effets de distorsion vocale du premier album, viennent contrebalancer ces quelques écarts de conduite de la part d’un groupe qui décidément a un potentiel indéniable.

Du coup, ce ‘One Nation Underground‘ se place quelque part entre les deux premiers albums du groupe, prenant certains aspects plus brutaux du premier et gardant le son plus léger du second pour un résultat final pas si déplaisant.