La dernière production de Paths Of Possession date déjà de 2000. ‘Legacy In Ashes‘ avait alors plus fait parler de lui par la présence dans la formation de Richard Brunelle, ex-guitariste chez Morbid Angel, qu’autre chose, parce que comme auto-produit, on avait déjà vu beaucoup mieux… Cinq années ont passé et Paths Of Possession nous revient cette fois avec un album digne de ce nom, ‘Promises In Blood‘. Mais quelques changements ont eu lieu : Brunelle ne fait plus partie de la bande et c’est ni plus ni moins le ‘Corpsegrinder‘, George Fisher (Cannibal Corpse) qui a pris la place de chanteur.

‘Mais, me direz-vous, Paths Of Possession c’est loin d’être du gros death gore baveux ?’ Oui, c’est vrai que ce n’est pas le premier groupe dans lequel on aurait immaginé le Corpsegrinder, pourtant le hurleur déjanté a apparement plusieurs cordes à son arc. Ici, niveau musique, on a en effet à faire à quelque chose qui se rapproche beaucoup plus d’un death suédois assez mélodique… enfin c’est ce qu’on nous laisse penser sur le début de l’album en tout cas. ‘Darklands‘ démarre la machine infernale sur un riff qui rappelle un mélange d’In Flames pour la mélodie et de Old Man’s Child pour le son un peu oldschool : un solo super clair sur fond de gros blast bien lourd, il ne manque plus que quelques claviers et on y est. Et c’est donc avec impatience qu’on attend de juger la prestation de Fisher sur une musique qui diffère aussi radicalement de ses habitudes. En réalité, pas de grandes surprises, on reconnaît bien le grain de voix innimitable du monsieur, qui ne se contente néanmoins plus de rester dans des sonorités caverneuses et incompréhensibles tout au long des titres mais se laisse aller à monter vers des hurlements plus aigus et écorchés.

Du coup on a droit à ce mélange étrange entre une voix qui reste tout de même incroyablement brutale et aggressive et des guitares au son plutôt léger et effacé sur des rythmiques globalement assez lentes. Mais chassez le naturel et il revient au galop, comme on dit : ce qu’on nous vend comme du death US se rapprochant de la scène scandinave retourne assez rapidement sa veste pour redevenir du bon vieux death tout court, ne gardant sur toute la seconde moitié de l’album que les leads mélodiques au son si clair pour rappeler de lointaines influences nordiques.

En effet, après les trois premiers titres, on a plus l’impression que bien qu’il ait quitté la formation, l’esprit de Brunelle est toujours là et dirige les compositions : des riffs aux influences Slayeriennes (flagrantes sur l’intro de ‘Promises In Blood‘ ou plus subtiles sur les mid-tempos de ‘The Second Coming‘) rencontrent des blasts Morbid Angeliens, comme sur le magnifique ‘Bring Me The Head Of Christ‘, avec une voix gutturale démoniaque. Mais au final c’est peut-être pas plus mal parce que dans ce genre, on sent qu’ils savent tout y faire et d’un seul coup, ces petites parenthèses mélodiques de la première partie de l’album paraissent plus forcées qu’autre chose. Enfin si, de belles mélodies on en trouve, comme sur l’écrasant titre de clôture, ‘The Icy Flow Of Death‘, mais elles sont beaucoup plus encrées dans un heavy traditionnel américain que dans les douces envolées épiques suédoises.

Ceux qui aiment les vomissements du Corpsegrinder, pas d’inquiétude donc, on n’est pas si loin que ça de ce qu’il fait d’habitude (en même temps, vu comment on le connaît, on se doutait bien qu’il n’allait pas se mettre au metalcore…) : les growls sont toujours aussi inhumainement graves, longs et réguliers. D’ailleurs, le tout se rapproche en fin de compte pas mal de ce qu’il faisait au sein de Monstrosity. Ce ‘Promises In Blood‘ se révele donc être un très bon album, de death assez classique certes, mais extrêmement bien éxécuté et avec quelques titres qui réservent de bien bonnes surprises.