On doit l’avouer, à l’écoute des premiers titres de ‘Schizophonia, la première reflexion faite n’était pas des plus flatteuses tant le fossé qui sépare ce nouveau disque à ‘Installation Sonore‘: Rinôcérôse serait devenu un groupe opportuniste ? Car la frontière entre l’influence et le pompage est vite franchie, surtout en ces temps où l’histoire du rock n’ roll est pillée de tous les côtés. Alors oui, Rinôcérôse fait dans l’electro rock, mais le fait bien. Et pour preuve : Mark Gardener (ex leader du groupe noise pop Ride), Jessie Chaton (chanteuse de Fancy), groupe glam rock parisien), Dominique Keegan, Nuutti Kataja, Daniel Zak Watts, Florian Brinker, Emma Djob… Bref, Rinôcérôse sait s’entourer pour signer un album ‘Schizophonic‘, qui en devient pratiquement un hommage à la scène rock n’ roll des années 80.

Du new-wave au rock n’ punk (le single ‘Bitch‘), en passant par le tendancieusement glam (‘Skin‘), le mariage des genres se fait sans égratignure. Le groupe electro-house devient electro-rock en gardant en ligne de mire l’idée que la musique doit faire danser. ‘Fiction Dancer‘, ‘Pleasure And Pain‘, ou ‘Fucky Funky Music‘ qui porte parfaitement son nom… autant de titres qui squatteront les enceintes des dancefloors sur fond de sexe, alcool et rock n’ roll.

Alors on se dit que ‘Schizophonic‘ tombe pile poil au bon moment : le rock est revenu dans les boîtes, les ceintures cloutées entourent à nouveau les tailles de ces demoiselles, le gel est les coupes difformes sont de retour tandis que l’ipod -à l’instar du walk man à l’époque- s’est installé dans toutes les poches. Bref, il n’y avait aucune raison que le nouvel album de Rinôcérôse ne soit ainsi, et c’est tant mieux.