Mesdames et messieurs, ça y’est, on l’a enfin trouvé notre groupe français qui écrase tous ces groupes british en « The » dont les morceaux finissent par hanter les publicités d’assurances et de telecoms. Servo nous revient en effet avec un troisième album qui pourrait bien être le seul cette année à véritablement incarner ce retour du rock n’ roll dont on commence quand même à moins nous parler aujourd’hui tant il met du temps à revenir.

Ca démarre comme un album de rock’ roll qui en jette avec «Haematomal », ça continue comme un désinvolte album de britpop classe qui devrait autant aux premiers albums de Blur qu’aux PixiesSo Cruel », « Anything I Can Do »), ça vire légèrement dance-punkBody » ou quand ceux qui n’avaient pas encore commencé à danser ne pourront plus se retenir), ça dérape carrément grunge grâce aux guitares nonchalantes de Ashes, à sa rythmique bien lourde et aux gémissements langoureux qui accompagnent le tout. Et quand on pense que c’est terminé ça recommence de plus belle, le tout si bien construit et cohérent que l’on se laisse embarquer comme si de rien n’était.
11 morceaux soit 11 mélodies vraiment imparables, le tout servi avec une classe nonchalante rock n’ roll que l’on ne retrouve aujourd’hui que chez très peu de groupes, Koufax peut-être en tête. Car même s’il faut bien l’avouer, le dernier Franz Ferdinand est très bon, ceux qui trouvent « Do You Want To » efficace vont se taper la tête contre les murs en écoutant « Kill The Dancefloor »: pas de chant, deux lignes de guitares toutes bêtes avec quelques effets pour rendre le tout plus dynamique, un batteur qui en rajoute à peine, et on obtient là une merveille de simplicité qui se collera direct à votre cortex.

Dans un monde parfait, ce sont les trois mecs de Servo qui feraient la couv’ de tous les magazines anglais et sortiraient avec des mannequins shootés à la coke. Ramassez donc votre pile de disques de groupes soi-disant « hype », même ceux que vous avez ouverts, et allez les revendre pour vous chopper à la place le nouveau Servo. Pas la peine de vous dire quel autre organe, hormis vos oreilles, vous dira merci.