Demiricous est un jeune groupe d’outre-altlantique dont on peut résumer la philosophie comme suit : si tu ne trouves pas chez ton disquaire la musique que tu aimes, fais-la toi-même. Et ce qu’aiment ces quatre musiciens émérites, c’est le bon vieux thrash de la grande époque des albums phares de Slayer. Et en effet même si les classiques du genre sont toujours aussi respectés et utilisés comme références, les nouveaux groupes qui se lancent dans ce style ne sont pas légion. Du coup, quand l’heure est venue de produire leur premier album, ‘One‘, exaspérés de voir toute cette scène métalcore proliférer sans limites dans leur jolie contrée, Demiricous se sont décidés à réveiller les dieux du thrash oldschool histoire de leur inspirer quelques riffs bien sentis pour faire bouger un maximum de têtes, peu importe que ce style ait le vent en poupe ou pas.

Le mot d’ordre de ‘One‘ est donc le retour aux sources. Et on s’imagine d’avance tout ce que cela implique. ‘Repentagram‘ ouvre l’album est donne un aperçu bien alléchant de ce à quoi on aura droit pendant les quarante prochaines minutes. Tout d’abord, le son est parfaitement typique du genre, avec ses guitares bien grasses et écorchées, sa grosse caisse toute en basses percutantes, le tout formant un mur de son riche et profond. On est donc bien loin des arrangements bien léchés, des samples ou tout autre sons non instrumentaux qui fourmillent dans la majorité des production de la veine métal US actuelle ou rien ne dépasse. Ici, la musique est livrée brute et spontanée, sans pour autant rien sacrifier à l’audibilité à aucun moment.

Les deux guitares se mêlent donc à merveille, apportant ce côté si compact et dense à cet album. Mais il n’y a pas le son qui soit dense, il a aussi les riffs : chaque titre les enchaîne, plus destructeurs les uns sur les autres et ce sans aucun temps mort. Et bien sûr on retrouve les hurlements torturés de leads frénétiques à la Kerry King, les influences étant tout au long de l’album omniprésentes. Les solos ne se font pas attendre et savent ne pas se faire trop envahissants, mais sont tout de même là comme pour rendre hommage à cette pratique trop souvent méprisée par les nouvelles générations. Bref ça shred dans tous les sens, c’est entraînant, d’autant plus que la batterie renforce le tout en alternant les syncopes thrash habituelles, les blasts et les mid-tempos à une fréquence assez élevée pour qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde.

La voix de Nate Olp, elle aussi, est tout simplement remarquable, enragée comme il faut et assez claire pour qu’on puisse presque entendre les cordes vocales du jeune homme se déchirer sur chaque hurlement qu’il pousse. Pas de toute, il en a du coffre. Le petit plus qui fait plaisir, ce sont ces quelques passages presque hardcore, comme sur ‘To Serve Is To Destroy‘ où le refrain est repris en choeur sur un tempo écrasant. On aura même droit à quelques rares plongeons dans des fréquences s’approchant plus de growls bien death comme sur ‘Heathen Up (Out For Blood)‘. Autrement, Nate nous gratifie d’un phrasé ultra-rapide et toujours limpide qui ne sera pas sans rappeler un certain Tom Araya.

Il n’y a donc vraiment rien à jetter sur ce ‘One‘. Les amateurs du genre seront ravis. Serions-nous en train de vivre une sorte de mini-revival en ce début d’année avec dans le même mois deux tueries du genre, celle-ci et l’excellent ‘Malevolent Rapture‘ de Legion Of The Damned ? En tout cas, tous les deux savent utiliser les caractéristiques qui donnent toute sa puissance à ce style tout en y incorporant une brutalité et une technique impressionante.