En ce début d’année on ne fête pas que le nouvel an, pâques et le premier Mai. Non, non, encore plus festif que tout ça il y a la sortie du nouveau Impaled Nazarene, très joliment nommé ‘Pro Patria Finlandia‘ en l’honneur du pays d’origine du fameux quintet. Alors j’entends déjà les plus susceptibles d’entre vous s’écrier et dénoncer une quelconque dérive nationaliste, mais rassurez-vous tout de suite, pour ceux qui ne sauraient pas, ces cinq là ont le goût de la provocation et ce titre a été trouvé complètement au hasard en feuilletant un dictionnaire. Mais alors qu’est-ce qu’on fête exactement ? Et bien ni plus ni moins que le dixième album de la carrière du groupe.

Après l’excellent ‘All That You Fear‘ d’il y a trois ans et l’énorme live paru l’année dernière, on se demandait comment cette formation nordique allait faire pour nous pondre quelque chose d’encore meilleur. Pourtant, le constat est vite fait, ‘Pro Patria Finlandia‘ est tout simplement l’album le plus inspiré, brutal, rapide et abouti de toute la discographie du groupe.

Et il y a plusieurs raisons à cela. Premièrement, le son global qui détermine l’atmosphère toute entière de cette galette a été complètement revu et modifié depuis ‘All That You fear‘. Au premier abord, la batterie semble quelque peu étouffée, les sonorités des guitares moins tranchantes et plus brouillonnes et le tout un peu moins percutant que la production exemplaire du précédent opus. Pourtant, au bout de quelques écoutes on se rend indéniablement compte qu’un son aussi écorché, rugueux et chaotique va beaucoup mieux à la musique du groupe qu’un son à la clarté irréprochable. Et très vite on se retrouve écrasé par des déferlantes de riffs, des murs de guitares propulsés par une batterie déchaînée.

Deuxième changement notable, Impaled Nazarene tiens bien à nous prouver qu’il ne porte pas son nom pour rien et c’est à un véritable retour aux sources qu’on assiste ici : les mélodies pur black, les leads portant la signature scandinave, aussi maléfique qu’il se peut, sont de retour. Le groupe nous offre des hymnes au Malin, de grandes odes infernales, que ce soit ‘Something Sinister‘ et son refrain empreint de haine et de violence ou ‘Goat Sodomy‘ qui nous prouve bien que la formation désire renouer avec les traditions de leurs premiers albums.

Dernier grand changement, la voix de Sluti666. Pas de panique, il gueule toujours autant de toutes ses forces, et comme il le dit lui-même, sans aucune technique vocale, s’arrachant par le même occasion ses cordes vocales à chaque prestation. C’est plutôt dans la façon d’enregistrer cette voix qu’on note le changement, puisqu’après avoir entendu les prises de leur album live, le frontman du groupe s’est aperçu qu’il préférait sa voix sur scène à ses prises en studio. Il a donc décidé de faire toutes les prises voix de ce ‘Pro Patria Finlandia‘ dans les même conditions et avec le matériel utilisé sur scène. Et c’est qu’il n’a pas tort, puisqu’au final, même si la clarté de sa diction s’en trouve un peu pénalisée, globalement sa voix sonne plus enragée et diabolique que jamais.

Impaled Nazarene réussit donc l’exploit rare de produire dix albums en faisant en sorte que chacun soit meilleur que le précédent, ce ‘Pro Patria Finlandia‘ ne dérogeant pas à la règle. Ce dernier réussit donc à allier à la perfection l’humour noir provocateur et gratuitement vulgaire du groupe, sa technicité qui semble croitre encore et encore, les mélodies black qui avaient fait leur succès à leurs débuts et cette brutalité inégalée qui fait que chaque titre équivaut à une bonne grosse droite dans la mâchoire. Indispensable.