A force d’écouter et de réecouter les précédents albums de Zero 7, on avait de plus en plus l’impression d’écouter un pot pourri de ce qui pouvait se faire dans des genres aussi divers que variés, en allant de la soul à l’électro jusqu’à la folk, sans oublier le down tempo et bien évidemment, en passant par la case trip-hop. Et Zero 7 avait beau avoir écrit deux albums se rapprochant pour certains (moi en l’occurrence) d’un idéal musical, on se demandait toujours quel était le fil conducteur du groupe. La venue de ‘The Garden‘, sacro-saint troisième album du groupe arrive à tant pour semer le doute : et si la direction prise par Zero 7 était justement celle de l’infini et au-delà ?

Sous cette expression lourdement exagérée se cache surtout une réalité : le groupe londonien ne peut définitivement pas se réduire à l’état réducteur de défenseur de la scène trip-hop. Preuve en est la pochette de l’album, sous un emballage sobre et trop sérieux se cache un patchwork de papiers peints venus de partout, à l’image d’un disque nourri d’influences et de sons venus du monde entier. Sans compter sur l’habitude de faire appel à divers chanteurs venus d’autres horizons, bien que seuls deux aient été retenus cette fois-ci : Sia répond une fois de plus présente, ainsi que José Gonzales, nouveau venu et dorénavant reconnu, sûrement premier responsable du ‘Zero 7 nouveau‘ : apaisant, ambiance folk, avec un très léger soupçon de bossa nova dansant. L’électro prend une place plus importante, donnant une texture presqu’avant-expérimentale, voire progressive : ‘You’re My Flame‘, l’excellent single ‘Today‘, le psyché-low-rétro-folk (ouf) ‘Futures‘, changent la donne. Sans trop choquer, Zero 7 attaque là où on ne les attendait pas : ‘The Garden‘ n’est pas une simple suite, juste une évolution logique et pleinement assumée. Là où les anciens titres trip-hop étaient enrichis d’instruments et d’ambiances électro, les nouveaux sont directs, certainement plus simple et basiques, mais tout autant efficaces. Et c’est aussi là qu’est le principal défaut de ce troisième opus, chaque titre a sa propre personnalité, sa propre ambiance, sans ce son propre à Zero 7 qu’on retrouvait dans les deux précédents albums et dans pratiquement chaque composition du groupe. Ici, la continuité en prend un coup mais l’intérêt musical est constamment renouvelé.