Koldborn est un groupe dannois qui nous arrive en cette fin d’année avec leur second album ‘The Uncanny Valley‘. Pour être tout a fait honnête, je n’avais auparavant jamais prété l’oreille aux précédentes sorties du groupe et je me suis donc attaqué à cette galette vierge de toute prénotion. Enfin presque, parce que je dois bien l’avouer, découvrir que Heinz, guitariste de chez Hatesphere, officie également dans cette formation a quelque peu augmenté mon intérêt pour cet album.

Mais d’abord, petite minute culturelle : ‘The Uncanny Valley‘ est à l’origine une très controversée loi de la robotique qui affirme, pour faire simple, qu’il y a une corrélation entre l’empathie d’un humain pour une machine et la ressemblance croissante de cette machine à l’humain. Mais ce seulement jusqu’à un certain point où la ressemblance se fait presque parfaite. C’est à ce moment là, où l’identification de l’homme à la machine est la plus probable, que tout les traits non-humains deviennent les plus visibles et provoquent alors non plus l’empathie mais l’aversion et la répulsion que provoquerait un cadavre en mouvement. Cette théorie de l’uncanny valley s’applique également à toutes autres formes et courants artistiques où le but est la ressemblance la plus parfaite avec la nature. Voilà, c’était histoire de donner un peu de profondeur et de personnalité à un titre d’album qui pouvait sembler anondin. Ça c’est fait…

Bon, niveau musique maintenant, Koldborn fait du death aux accents thrasy et avec un membre de Hatesphere à la guitare, ça ne surprend qu’à moitié. Les compositions possèdent cette originalité et cette subtilité caractéristiques aux groupes de cette région de l’europe. Techniquement parlant, le Danemark ne faisant pas partie du trio scandinave de base, il se retrouve coincé entre la Suède sa grande soeur et l’Allemagne. Du coup, Koldborn n’échappent pas à la règle, ils produisent un savant mélange des mélodies oldschool de leurs cousins du Nord et de la brutalité et modernité de leurs voisins du Sud. ‘Hope Transformed Horizon‘ par exemple, entièrement en mid-tempo ou presque, termine sur une longue progression mélodique des plus agréables et originales. Mais bon, globalement, les riffs restent tout de même très rythmiques et même si un petit pont plus aérien que la moyenne peut se glisser par-ci par-là, que ce soit clair, on a quand même à faire à de gros bourrins.

Certains titres virent parfois a la course au tempo et on se prend blast après blast dans les dents dans un style grind, chaotique et brutal comme il faut. Niveau brutalité, Lars, derrière son micro, fait son boulot aussi et aura plus d’une occasion pour faire preuve de son coffre. Son timbre très rugueux va tout simplement merveilleusement bien avec le son général des instruments, loin d’être lisses aux aussi. Autre point fort que revandique également le groupe : son groove. Et les influences plus thrash entrent en effet en jeu à plus d’une reprise pour rendre tout ça extrêmement accrocheur et entraînant. On ne peut tout simplement pas résister à l’envie de bouger sur ‘A Destiny Predicted‘ où même le chant adopte un phrasé plus saccadé ou sur ‘Last Message‘ qui après une intro fulgurante nous écrase sous des riffs plus groovy les uns que les autres accompagnés par une basse délicieusement ronflante.

En gros, ‘The Uncanny Valley‘ s’écoute avec grand plaisir : la production, assurée par Jacob Brahal rappelle le son très net et détaillé du dernier Hatesphere sur lequel il avait également travaillé et les expériences des différents musiciens dans d’autres groupes se font nettement sentir au niveau des compositions, variées et inspirées. Difficile de demander grand-chose de plus alors si vous appréciez toute la scène death/thrash d’europe centrale de manière générale, cet album est fait pour vous.