Ils ne sont pas si nombreux que ça les représentants du death et de toutes ses nouvelles sous-catégories à nous arriver d’outre-manche. Par contre, quand il y en a, apparement, c’est qu’ils ne sont pas si mauvais que ça. En tout cas, Burning Skies en sont, et ils n’ont rien perdu de leur dynamisme depuis leur premier album d’il y a deux ans, ‘Murder By Means Of Existence‘ et nous le prouvent largement avec ce second volet, ‘Desolation‘.

Oui, comme ça c’est dit, ces dix titres ont tout simplement la patate, le genre de bonne grosse patate qui annihile tout esprit logique et fait retourner n’importe quel amateur de gros blasts à l’état primitif le temps de la petite demi-heure que dure cet album. Ces cinq jeunes anglais semblent en effet être passés maîtres dans l’art de construire des titres qui donnent envie de bouger, enchaînant dans la fluidité la plus totale les mitraillages grind et les mid-tempos hardcore. C’est sûrement là la force majeure de ces compositions : des structures complexes, surprenantes, bien amenées et surtout terriblement accrocheuses qui apportent un certain sentiment de fraîcheur au tout.

Et ça fait toujours plaisir d’écouter quelque chose dont on peut penser sans se tromper que c’est loin d’être du travail baclé. Les petits arrangements et breaks innatendus sont légions et même si tout ça est loin de révolutionner le genre, c’est assez efficace pour satisfaire tout ceux qui cherchent désespérément parmis cette nouvelle génération deathcore les formations les plus prometteuses. Au rayon des bons points on notera entre autres la voix du déchaîné Merv qui couvre une palette assez impressionantes de styles, du growl le plus néandertalien au grunt le plus bestial, accompagné par moments d’effets plutôt discrets. Il s’adapte ainsi la plupart du temps au tempo, plaçant même quelques aboiements bien hardcoreux sur les parties mosh les plus brutales.

Encore du côté des bonnes idées, les guitares, qui la plupart assènent des riffs lourds et basiques à toute vitesse, savent se faire aussi plus mélodiques. Attention, que ça soit clair, ça charcute quand même à tout va la très grande majorité du temps, mais de légères touches d’influences plus nordiques se font sentir sur quelques leads. L’excellent ‘RKD‘ par exemple, qui ouvre l’album, propose ce genre de refrain dans une veine presque norvégienne très torturée. Si vous êtes comme moi, cette petite lead bourdonnante des plus originales risque de vous rester en tête pendant des semaines. La même chose pour ‘Desolation (for the denial of ignorance)‘ qui dès l’intro nous balance ce genre d’harmonies accompagnées d’une batterie bien énervée. D’ailleurs on regrette presque que ce genre d’écarts mélodiques soient souvent très courts puisqu’ils sont assez originaux et bien pensés pour nous laisser sur notre faim.

Côté production, rien à redire, c’est du gros lourd, dense, compact et percutant, tout ce qu’il faut pour le style dont il est question ici. Certains reprocheront peut-être à ce son un côté un peu trop lisse et déjà entendu, ce qui n’est pas faux. D’ailleurs, même si tout ça ne manque pas de bonnes idées sympathiques, ceux qui cherchent la perle rare peuvent tout de suite passer leur chemin. Comme je le disais un peu plus haut, il n’est vraiment pas question de révolutionner le genre ici et les plus exigeants d’entre tous ressentirons sans doute une certaine lassitude avant même d’avoir digéré cette courte demi-heure de blasts.

Desolation‘ est donc un album bien énergique, plein de bonnes intentions et avant tout facile à écouter. Il a l’avantage de mélanger la brutalité du death et la diversité du metalcore pour un produit final plutôt rafraîchissant et entraînant. Ce qu’on pourrait espérer pour le prochain opus serait juste une dose de personnalité supplémentaire, un peu de caractère. Mais bon, au bout du compte, ‘ça s’écoute’, comme on dit.