C’est presque 4 ans après leur premier album très prometteur ‘Ambitions & Disillusions‘ et après avoir parcouru une partie du Brésil et de l’Europe que les Twisted Minds sortent leur deuxième opus. On savait déjà que le groupe savoyard était assez politiquement engagé, mais avec le titre ‘Neo Dogmas‘ couplé à la pochette (Jesus et son auréole de caddies, un ange qui balance une bombe sur un bateau africain), la couleur de ce nouvel album est déjà annoncée, on est prévenus, et prêts à se prendre une claque.

Car oui c’est bien une grosse baffe dans la gueule qu’on prend avec cet album. Le bal est lancé avec ‘Neo Dogmas, New Witches, New Dissidents‘, là une voix féminine nous rappelle ce qu’est un Dogme, bercée par une intro qui va crescendo. Et ça commence, la batterie nous rappelle à l’ordre par un coup de massue et on est toute ouïe, c’est rapide, ça virevolte, ça convulse, ça se calme pour repartir de plus belle. On est pendu au bout des cordes et on se laisse porter, enfin porter n’est pas assez fort. On se fait plutôt secouer.
Le mélange de riffs bruts avec d’autres plus mélodiques ainsi que certains pics dans la voix ne sont pas pas sans rappeler les canadiens de Propagandhi, maîtres incontestés du politico-hardcore-mélo-technique. Mais il y a là la touche Twisted Minds, les solos heavy d’Alex, les dissonances, l’alternance entre la voix plutôt claire de Mollin et la criée, voire hurlée, plus hardcore de Clément le batteur.
Hardcore qu’on retrouve dans certains riffs et plusieurs choeurs qui appellent au sing along (‘HxC Breakout‘) et qui vous font pointer du doigt avec fureur. Et pour contre-balancer certains morceaux plus hardcore on a le droit à une ‘balade’ punk-rock: ‘Apologies From A 21st Century Western Man‘ , mettant Clément, au chant accompagné de Rémi (de Snapcut Studio ou l’album a été enregistré, et aussi chanteur/trombonniste dans Freygolo). On remarque d’ailleurs que les structures ne se contentent pas des eternels ‘intro couplet refrain couplet refrain’ du punk rock, les chansons ne sont pas corsetées mais se laissent vivre au bon vouloir de la plume et de la guitare.
La plume quant à elle s’est étoffée, ce qui sur le précédent album était plus porté sur la politique américaine et autre, se retrouve aujourd’hui commentant et critiquant différentes politiques (‘Shadows From The Past Are Lights In The Future‘ qui parle des émeutes de banlieue qui ont eu lieu en 2005) , organisations, pensées (‘Feed The Masses‘, ‘Neo Dogmas‘). On y retrouve une sorte de fil de pensées, des reflexions couchées sur papier ainsi que des prises de conscience ‘Apologies From A 21st Century Western Man‘. Sont présentes aussi des explications des textes sur le livret de paroles nous permettant de mieux comprendre chaque démarche et chaque chanson, initiative qu’on a pas beaucoup l’habitude de voir et qui mérite d’être notée.

C’est au final un très bon album que les Twisted Minds nous ont fait, qu’on a plaisir à entendre, mais aussi à écouter (car oui il y a une différence), et une écoute approfondie est vraiment conseillée afin de déceler toutes les subtilités guitaristiques mais aussi de la basse et de la batterie.