Faut-il encore présenter les Flogging Molly, véritable institution du punk celtique, au moment où ils vont sortir leur 6e album célébrant ainsi leur 10 ans d’existence ? Honnêtement, un petit rappel ne peut pas faire de mal, surtout qu’à titre personnel, je ne les ai découvert que très récemment. Flogging Molly est donc un groupe de punk celtique venant de la patrie d’Arnold Schwarzenegger (la Californie, donc). Il n’y a pas grand-chose de plus à savoir, si ce n’est que leur nom revient fort souvent lorsqu’on parle de groupes aux prestations scéniques inratables, où l’esprit festif est de rigueur, et la bière la seule boisson admise. Mais attention, pas n’importe quelle bière, hein.

Je vais m’essayer aux métaphores capilo-tractées : Cet album ‘Float‘ des Flogging Molly me fait penser à de la Guiness Extra Stout bien ambrée et épaisse comme il faut, dégustée dans un pub de Temple Bar. Tentative de démonstration.

Voici un album aux abords bien sombre, à commencer par la pochette où le groupe pose dans ce qui semble être une taverne irlandaise. Habits noirs, moue inexpressive, ambiance d’enterrement… La liste des titres ne rassure pas trop, évoquant pêle-mêle, folie, rêves brisés, requiem et apatrides. Voilà qui tranche avec l’image de joyeux drilles que je m’étais forgé.

On ouvre tout de même la porte du bar, et on tombe sur une musique rythmée, dynamique, mêlant rock et folklore celtique, qui chatouille très agréablement les tympans. La batterie imprime un rythme (binaire) d’enfer, le chant lead est assez effacé par rapport aux instruments sur les chansons les plus rapides (‘Paddy’s lament‘, ‘You won’t make a fool out of me‘, ‘On the back of a broken dream‘). Les choeurs et la diversité des instruments utilisés (guitares irlandaises, flutes, accordéon, violon…) donnent l’impression d’être dans salle bondée où tout le monde parle, joue et chante. Chaude ambiance !
Pourtant, les chansons plus calmes (‘Us of lesser gods‘) font ressortir le goût amer de la Guiness, avec des mélodies moins inspirées, un chanteur en fait un peu trop dans le registre mélodramatique (‘The story so far‘). Exception notable, la magnifique chanson ‘Float‘, ballade à la guitare acoustique où viennent se poser délicatement accordéon et violon, puis mandoline et flutes.
Au final, on est content d’avoir passé une bonne soirée au pub irlandais du coin, avec ce mélange de présentation sobre (haha), de folklore festif, de guitares (gentiment) saturées (‘Man with no country‘) et de bière ambrées. Allergiques à la Guiness, s’abstenir.