Il serait dommage de présenter Zita Swoon comme les petits frères de dEUS, ce serait franchement réducteur. Ce nouvel album le confirme, Zita Swoon fait maintenant bien partie de la cour des grands noms du rock belge.

Big Blueville est certes un peu court : 10 titres pour moins de 40 minutes. Si l’on aimerait que ça dure encore, l’avantage est qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer. La moitié des titres sont repris du précédent album Big City qui n’est sorti qu’au Bénélux. Le reste de l’Europe et du monde ne souffrira donc pas de cette répétition mais pourra profiter de l’aboutissement acquis grâce au réenregistrement de ces chansons, ce qui donne une certaine unité à cet album harmonieux. Globalement cet album est plus doux, plus posé, et un poil moins rythmé et énervé que les précédents, ou que Zita Swoon sur scène.

L’album commence tout en douceur avec la voix grave de Stef Kamil Carlens dans Infinite down. Très peu d’accompagnement musical dans cette chanson qui pousse à l’introspection. On retrouve ce côté nostalgique dans Je range et I feel alive in the city, chanson en anglais dans laquelle l’extrait en français surprend et casse agréablement le rythme. Le nouveau titre Giving up the hero est également assez mélancolique, mais il est très doux et les chants d’Eva et Kapinga Gysel (qu’il ne faudrait d’ailleurs pas prendre pour de simples choristes) y sont très présents.

Deux nouvelles chansons en français sont de bonnes surprises : Quand même content, très chantante et douce et Josieanna dans laquelle la voix particulièrement cassée de Stef Kamil Carlens est presque envoûtante. Un petit accent et des intonations un peu étranges sont bien sympathiques dans ces chansons écrites en français, avec l’aide de Miossec.

Toujours en français, l’opaque paradis entraîne une petite déception : beaucoup plus calme que la version de Big City et surtout que ce que cette chanson donne sur scène, avec des improvisations à n’en plus finir. Les chants africains ont été supprimés ainsi qu’un petit Paris « cette pute, cette infidèle », qui, d’accord, n’aurait peut être pas plu à tout le monde.

Les titres en anglais coulent peut-être plus facilement. Looking for a friend aurait pu être plus énervée, même si ça monte bien vers la fin – à ne pas confondre avec la chanson de David Bowie portant le même titre. Everything is not the same et People can’t stand the truth, bien rythmées, avec beaucoup de synthé, surtout pour la première, donnent tout simplement envie de bouger.

Bilan donc positif pour cet album accompli. Il ne faudrait cependant pas oublier que Zita Swoon est un groupe de scène et que c’est dans ses concerts, notamment grâce au concept « a band in a box » (groupe jouant au milieu du public) qu’il est le plus accessible et que son côté glamour ressort.

ndr: merci Stéphanie pour cette chronique !