Telle une désagréable verrue, Didier Super revient ! Et oui, on a beau vouloir s’en débarrasser parce que son intérêt est aussi important que celui d’une horrible mycose, il persévère… Enfin, ça, c’est ce que bon nombre de critiques essaient de nous faire avaler parce que Didier, c’est un peu la représentation honteuse et pourtant plus vraie que nature du beauf qu’on préfère ignorer. Si seulement l’avocat des Boulogne Boys avait eu vent de son existence, pas de doute, il aurait sans doute axé sa défense sur l’image du chanteur Nordiste, véritable hymne au mauvais goût, un être dont la consanguinité ne fait aucun doute, dont le chômage a sûrement jamais été la principale activité salariale, quant à la pédophilie, on est certain qu’il cautionne (ou presque), oui priez pépé et mémé, Didier is comin’ back.

Super (‘pour faire rêver les cons et dépanner sa maison de disques‘) revient après un premier album ‘Mieux Vaut En Rire Que De S’en Foutre‘ s’évertuant déjà bien à pointer les petits défauts de notre société et de nos contemporains. De mauvais goût diront certains, très drôle diront les autres, Didier Super est un artiste engagé comme on en fait plus, capable de dire que le label V2 l’a ‘enculer‘ lors de la signature, il récidive cette fois (rachat du premier oblige) chez Universal en pissant sur le fronton de la maison de disque dans une vidéo promo bien à lui.
Braillant bien souvent sur cet album tel un enfant à qui on aurait fait l’erreur de confier un studio d’enregistrement, on ne peut s’empêcher de dire ‘haha, le con‘. Aussi virulent que les Rage Against The Machine mais plus outrancier que Marc Dutroux, il revient plus cru que jamais et surtout plus mélodique que jamais car cette fois, le Didier se lâche et enchaîne quelques accords (un dingue, un vrai, je vous dis, il les a même mis dans le livret du skeud), l’artiste qui dérange par ses paroles et son approche véritablement punk de la zic, a quasiment composé de vrais morceaux avec une presque intro, des presque outros, des presque ponts et même des presque breaks (‘pompé à Metallica‘ qu’il dit lui-même sur ‘Bonne Blague‘).
Ce qui surprend finalement, c’est qu’outre les habituels délires du chanteur sur ce disque comme son solo d’aspirateur sur ‘Petit Anarchiste, Casse-Couille Pour Vieux‘ ou encore son cri strident en plein milieu de ‘Á Bas Les Gens Qui Bossent ‘ pour réveiller les éventuels ‘dreadlocks’ qui dormiraient, cette fois l’artiste a fait un véritable effort dans les styles puisqu’il va, à sa manière, du reggae au jazz (‘Trique Trouille‘) en passant par le rap langoureux façon Doc Gynéco (‘Rebecca Duhamel‘) voir le hardcore punk façon les Choristes (‘Vois Sur Ton Chemin‘).
Les habitués ne pourront donc s’empêcher de rigoler sur les paroles acerbes d’un Didier, n’hésitant pas à interrompre ses chansons pour sortir un max de conneries sur des rythmes plus qu’approximatifs (‘J’ai Pas Trouvé De Titre Á Celle-Là‘), il revient même ici à ce qui a toujours fait son succès, le live ! Cet album comprenant pas mal d’extraits de bonne qualité restituant bien le délire scénique du bonhomme. Chant foireux, accords simples et quasiment merdiques joués avec une détermination à la limite de la folie furieuse comique, force est de reconnaître malgré tous ces défauts voulus que les paroles font mouche ! Touchant finalement à tous les domaines (sexe avec ou non consentement du partenaire majeur ou non d’ailleurs, politique, star system, religion…), tout le monde en prend pour son grade, de son nouveau label (les petites bites d’Universal sur ‘Le Nouveau Président‘ et ses rythmes électro à deux balles) au public (‘On Va Tous Crever‘ – live) mais ça, c’est l’esprit Didier Super parce qu’il aime aussi son public, le faisant participer sur ‘Toute Fin De Soirée Dans Un Théatre Minable‘ (sur l’air de ‘Dis-Moi Didier Super‘ tiré du premier album…), les rires enregistrés n’en étant que plus communicatifs dans ce passage qu’on dirait qu’on y est pour de vrai dedans. Seul petit reproche à mon sens, devant la prolifération de titres (22 ici), cela manque parfois de cohérence mais bon, c’est Didier alors on s’en branle…

Pour certains, Didier, ce ne sera que de la merde, de la vraie, le genre de mecs qu’il est honteux de signer et encore plus de diffuser. Preuve que le second degré (voir le quinzième ici) s’acquiert et ne constitue nullement un don naturel. Parce que finalement, écouter Didier Super, c’est un peu comme se mettre un album des Inconnus dans les années 90, on chantonne des titres dont les paroles constituent l’élément premier (n’allez pas me dire que ‘Isabelle a les yeux bleus‘ a plus de cachet qu’un titre de Didier). Le but c’est de se marrer, quitte à choquer un max, faut dire que l’humour est noir, très noir, extrêmement noir (‘les enfants, ça sert à rien, faut les brûler comme au Brésil‘ dixit l’énergumène) mais vous ne pourrez vous empêcher de rigoler presque honteusement et finalement, de façon jubilatoire à ses titres. Didier, c’est finalement un punk comme on en a plus vu depuis bien longtemps et qui rendrait même ses lettres de noblesse au genre s’il était pas si con (‘Chanson Contre La Musique‘). Pis fallait pas lire 0/5 mais 5/5, enfin je voudrais pas que ça se sache trop sinon il va trop se prendre pour une star ce branleur de Didier. Achetez-le, c’est nul !