Si The Subways ont tant marqué les esprits, c’est grâce à un premier album certes loin d’être irréprochable mais suffisamment couillu et énergique pour estomaquer tous les critiques musicaux et ainsi leur asséner un peu de cette « teenage angst » héritée de Nirvana (une des influences citée par le trio) et qui n’est bien évidemment que la partie émergée de l’iceberg ! C’est donc après une longue période de pause que les anglais nous reviennent sans pour autant changer leur fusil d’épaule et espérant bien nous scotcher à nos fauteuils avec ce nouvel opus dédié à la série ‘Shérif Fais-Moi Peur‘ ! Mais je peux me tromper…

TOUT…
On se prend donc tout dans les dents avec le premier single et titre d’ouverture ‘Girls & Boys‘, véritable concentré d’adrénaline à base de Red Bull, de riffs explosifs et servi à la fois par un pont efficace à la Muse et le chant maîtrisé de Billy, épaulé bien évidemment par la mignonne et désormais dispo Charlotte (oui, vous avez bien lu), avant que n’explose littéralement une fin de titre tout en instrus et cris rageurs qui propulsent ce morceau dans les hautes sphères du rock. Énorme ! Le groupe ne lève pas plus le pied avec ‘Kalifornia‘ qui se fait plus mélodique tout en alternant le reste du temps avec une batterie implacable et des guitares rutilantes pour un résultat aussi imparable et nerveux qu’une Dodge Charger de 1969.
Plus radio friendly, le second single ‘Alright‘ est aussi frais que l’approche de la jeune formation dans le milieu musical, pas forcément génial aux premières écoutes, il prouve néanmoins toute l’habileté de Butch Vig à nous sortir des titres d’une réussite incontestable par leur côté « easy listening ». Un sans faute qui se prolonge aisément avec le titre ‘Shake ! Shake !‘ s’appuyant sur une énorme ligne de basse, des guitares au son cristallin et un refrain repris en choeur par la formation lui conférant un côté catchy évident.
Mais pour moi, The Subways, c’est un groupe qui cartonne surtout quand il envoie la purée comme sur ‘Turnaround‘ ou encore ‘I Won’t Let You Down‘ qui a tout pour devenir un morceau incontournable sur scène, des riffs meurtriers, une ligne de basse n’hésitant pas à se tailler la part du lion en plus d’un refrain à reprendre assurément en choeur comme le groupe le fait lui-même. Vous l’aurez compris, ici pas d’intellectualisation outrancière du genre, la musique reste un plaisir et ça se ressent. ‘Obsession‘ ne fait donc pas dans la demi-mesure non plus, entamé plein pot, il s’appuie sur un pont plus mélodique mais qui ne gâche en rien l’énergie du titre qui atteint son paroxysme avec un Billy Lunn décidément chaud bouillant et hurlant littéralement ‘I wanna feel obsession‘ à tue-tête !
La vraie surprise pour moi viendra du titre acoustique ‘Strawberry Blonde‘ qui s’en tire bien tant il se révèle être un sans faute de justesse et d’inspiration. Abordant avec habileté le registre pop durant certains passages, le groupe y alterne avec une aisance désarmante : guitare acoustique, électrique, piano et violon sans même que l’on ne s’en rende compte.

…ou RIEN :
Parce que tout n’est malheureusement pas irréprochable sur cet album ! Car pour accomplir une nouvelle cascade, il faut s’entraîner un peu avant, quitte à se payer quelques belles gamelles comme avec le titre ‘Move To Newlyn‘ et son côté pop-folk émaillant quelque peu la qualité de cet album quand ‘All Or Nothing‘ faisant apparemment référence à la rupture de Billy et Charlotte s’enlise dans une sorte de britpop peu convaincante et trop commune (et ouais les mecs, je vous l’ai dit Charlotte est dispo !)
Moins convaincant aussi, ‘Always Tomorrow‘ est de ces titres pop rock efficaces qui plaisent à la FM mais qui ne trompent malheureusement personne sur le fond, c’est un peu passe-partout, pour ne pas dire ennuyeux (on m’aurait dit que c’était un titre écrit par les Fall Out Boy que je l’aurai cru). Et tel un pneu crevé, l’album s’essouffle littéralement avec le titre de clôture ‘Lost Boy‘… Preuve que le groupe ne peut pas toujours réussir sur le terrain de l’acoustique qui n’est pas à fortiori son domaine de prédilection. Dommage qu’en lieu et place de ces deux titres de fin, le groupe n’ait pas intégré les titres bonus ‘Street Fighter‘ ou ‘Burst‘ tirés de la version japonaise bien plus en correspondance avec l’image flamboyante que je me fais du groupe.

C’est donc un second album un peu à l’image du premier qui nous arrive avec son lot de tueries mais aussi son lot de titres de ‘remplissage’ qui font quelque peu tâche. Le tout tient néanmoins ses promesses en regard du premier album sans pour autant nous transcender et envoyer au firmament des groupes la jeune formation anglaise. Dommage…
Gageons néanmoins qu’ils sauront confirmer tout le bien que l’on peut penser d’eux dans un futur proche avec un album plus homogène.