Ceux qui ont eu la mauvaise idée d’aller voir la dernière idiotie de M. Night Shyamalan n’ont pas pu la louper. Elle était là. Toute fraîche, toute belle mais ruinée par un scénario débile. Si bien qu’à la fin, on ne savait plus très bien : elle est mystique ou neuneu ? De toutes façons, on s’en fout et on l’avoue : si on a donné notre argent au Gaumont, c’était uniquement pour elle. Pour parler ciné, c’était rien que pour ses yeux. Qu’on a dévoré pendant tout le film. La soeur de la vilaine Temperance Brennan.

Zooey Deschanel. She & Him. Il y a, on ne vous le cache pas, quelque chose de jouissif -décidément- à évoquer ce groupe dans les colonnes de ce webzine. Ce groupe bonbon. Cette sucrerie. Ce truc de lopettes. Cette, ô quelle horreur, actrice qui chante. En plus, Zooey et le monsieur Ward qui fait le Him (veinard, de surcroit auteur de recommandables albums en solo) ne font que recycler. C’est très vilain. Bon pour l’environnement me direz-vous. Ils recyclent Carole King, les Ronettes, les Shangri-Las et reprennent les Beatles. Un bien noble recyclage les enfants. Mais qu’est-ce que ça change au fait qu’ils recyclent ? Car franchement, qui invente quelque chose ? Reznor ? C’te blague, toute la disco de NIN est chez Bowie, trilogie Berlinoise plus ‘Scary Monsters‘. Mars Volta et leur prog? Allons bon, pas de gros mots… Amis lecteurs, en vérité on vous le dit, la seule vraie question en musique est la suivante : est-ce que les chansons sont bonnes ? Le reste, recycler/plagier/copier, c’est du petit débat.

Volume One‘ contient-il de bonnes chansons ? Oui. Et finalement pas besoin d’aller plus loin. Une bonne moitié de l’album est fantastique. La plume de Zooey Deschanel frise souvent l’époustouflant. A ceux qui reprocheront à She & Him de ne parler que d’amour, elle répond d’entrée de jeu « what can you do with a sentimental heart ? ». Que faire ? Ecouter la suite, à commencer par le single ‘Why do you let me stay here ?‘, ‘This is not a test‘, ‘I was made for you‘ ou ‘Sweet Darling‘ (coécrit par l’acteur Jason Schwartzman, ex Phantom Planet et actuel prometteur Coconut records) sont de superbes chansons pop, non pas retro mais intemporelles, écrin parfait pour les minauderies de la miss, sa voix réconfortante et son chant plus que convaincant. Il y a une forme pureté dans les chansons les plus réussies de She & Him qu’on ne retrouve que fort rarement ailleurs. Dans des vieux disques Motown, dans les chansons de Bacharach ou les productions Spector. Là où le bat blesse, c’est lorsque She & Him baisse la garde sur les chansons lentes. Si ‘I thought I saw your Face‘ est une superbe réussite hantée, il n’en est pas de même pour toutes les autres balades qu’on qualifiera poliment de moins réussies et moins poliment de chiantes. A cet égard, la deuxième moitié du disque ne tient pas les mirifiques promesses du début… Qu’à cela ne tienne, il ne s’agit que d’un premier album, on ferme les yeux et pardonne. Après tout, lorsqu’on a subi les outrages de la soupe pour supermarchés des Kathleen Edwards et consoeurs, on ne peut que se satisfaire d’un album qui, petit miracle vu le genre, ne verse jamais dans le piège de la soupe mièvre.

Les girls group sont décidemment à la mode : les Pipettes ont livré un disque entre hommage et parodie ; El Perro Del Mar joue le rôle de la grande soeur cérébrale et autiste ; Amy Winehouse s’y est engouffré avec succès et l’affreuse chanteuse des non moins affreux Texas prend le train en marche… mais la particularité de ce ‘Volume One‘ est la création d’un rapport quasi amoureux avec l’auditeur, Zooey s’y impose en une sorte de bonne fée/Amélie Poulain de la chanson. On se prend à espérer que sur un deuxième album She & Him privilégie l’option pop à coeur brisé et que fleurissent des ‘I though I saw Your Face‘ de tous les côtés. S’il le faut, on est prêt à être le heartbreaker de la miss. En attendant, l’excellence de certaines chansons de ‘Volume One‘ fait fermer les yeux sur les faiblesses de ce disque certes loin d’être parfait, mais proche d’être le plus touchant entendu cette année.