Haaaaa, Bloc Party ! L’exemple typique du groupe encensé dès le premier album à tort et à travers comme semble tant aimer le faire la presse. Puis bien évidemment, c’est le cassage de gueule en règle, sortie d’un second album deux ans plus tard qui en laisse plus d’un de marbre. Puis le groupe enchaîne avec deux singles surprise électro aussi pertinents que des titres de Cascada avec leurs boucles peu inspirées. Puis nouvelle surprise, le groupe sort quasiment du jour au lendemain son troisième skeud sur le net. La bonne idée que voilà ou la chronique d’une mort prématurée ?

Une fois l’album téléchoppé, on se demande quand même si le peu investi en vaudra bien la peine (avouons-le). Un deuxième album très moyen et deux singles pourris pour dernières apparitions n’aidant pas à la confiance de l’auditeur. Néanmoins, le groupe qui a fait dans la sobriété pour sa pochette sait qu’il revient sur le devant de la scène par la petite porte et a décidé de frapper fort d’entrée de jeu avec ‘Ares‘. Le groupe ne pouvant se permettre un nouveau faux pas nous jette alors un son urgent, furieux, annonciateur d’une volonté de renouveau clamée par un Kele Orekeke à son meilleur niveau (‘War, war, war, war ! I want to declare a war […] To create or to destroy‘).
Le ton est donné, quitte à créer le groupe se dit qu’il peut aussi détruire, d’autant plus que les dernières expérimentations electro du combo semblent ici avoir porté leurs fruits avec des boucles renversantes et étonnamment maîtrisées. Oui, c’est la claque d’entrée de jeu prouvant que Bloc Party peut encore produire du bon son et innover tout en restant lui-même. Suit malheureusement le single ‘Mercury‘ un peu trop abruti par les boucles et les basses, oeuvre électro ‘de jeunesse‘ dirons-nous, le titre se fait moins mordant qu’un ‘Ares‘ qui laisse décidément une très grosse impression. ‘Halo‘ va lui sonner le retour à un son plus traditionnel du groupe ; que ceux qui ont aimé les ‘Banquet‘ et autres ‘Like Eating Glass‘ soient rassurés, ils vont ici (re)trouver leur bonheur avec un son plus caractéristique du groupe période ‘Silent Alarm‘ pour un titre pêchu comme il faut. La formation n’hésitant pas à revenir à ce son plus propret comme sur le titre ‘Trojan Horse‘, lui, agrémenté de sons artificiels. Ouf ! Tout ne semble donc pas perdu.
Biko‘ lui nous offre un Bloc Party reparti dans l’électro rock mais avec une approche plus calme mais peu bouleversante (si l’idée était de susciter l’émotion). Chose qu’un ‘Signs‘ sera certainement plus à même de faire avec sa mélodie à la fois mélancolique et entraînante lorgnant du côté de Sigur Ros (en plus simple bien sûr).
Puis on repart de plus belle avec ‘One Month Off‘ toujours aussi électro rock qui s’impose par une amplitude sonore démentielle et des riffs comme on les aime chez les anglais.
Je reste néanmoins plus sceptique quand le groupe se la joue tout électro à la ‘Zephyrus‘ (ou encore une fois ‘Mercury‘), bardé de coups de basse, de sonorités frénétiques ne correspondant pas à grand chose et s’appuyant essentiellement sur la voix de Kele. Je ne parle même pas des choeurs s’invitant dans la composition comme pour donner plus de profondeur à un titre qui allie maladroitement classicisme et modernité. Restent un ‘Better Than Heaven‘ plus qu’honorable notamment dans sa conclusion toute en instrus et un ‘Ion Square‘ franchement passable sonnant plutôt comme un titre pré-générique façon happy end cinématographique.

10 titres, c’est court mais il n’en fallait sûrement pas plus au combo que l’on sent toujours en quête d’un son, d’un certain renouveau, n’hésitant pas à tout risquer. Le groupe tente néanmoins de rassurer ses fans avec quelques titres plus standards car conscient d’avoir perdu une partie de son auditoire lors de la sortie du deuxième album, et ce en raison de compositions qui n’avaient plus grand chose avec l’énergie et la classe d’un premier album décomplexé. ‘Intimacy‘ permet donc à la bande de rassurer sur certains aspects et d’innover parfois avec maladresse. Néanmoins, Bloc Party va devoir mettre les bouchées doubles pour confirmer le bien que l’on pense de certaines de ses tentatives. Et si finalement peu de titres restent encore en tête à l’arrêt du CD, reste une certaine envie d’y revenir pour se les remémorer.