Dans la série Scrubs, le personnage de Zach Braff explique que les rêveurs comme lui aiment écouter du rock-pop electro acoustique. Ce qui explique probablement la BO de la série. Toujours est-il que Joséphine doit être fan de Belle & Sebastian. Pour ceux qui ne connaissent pas ce groupe, c’est un peu votre pote qui était en section L, alors que vous bandes de gros cerveaux prétentieux êtes allés en S, que vous aimiez bien mais qui était un petit peu trop torturé voire bizarre pour que vous l’invitiez à vos soirées caps. Cette petite chose fragile qui aime lire a sorti pas mal d’albums fantastiques, aux pochettes toujours plus belles, qui se décomplexent avec le temps. De même que votre pote de L est sûrement plus épanoui que vous maintenant.
Belle & Sebastian s’assume donc. Et a accédé au statut de groupe culte. Tout le monde aime mais personne n’achète.

Les écossais sont une histoire de subtilité, d’écriture fine, d’arpèges délicats, de douces harmonies, de références sixties… Et ce recueil d’enregistrements pour la BBC en est encore une fois une preuve éclatante. Dispersées en ordre chronologique, de 1996 à 2001, ces BBC Sessions s’arrêtent avec le départ d’Isobel Campbell vers des contrées dernièrement proche du soporifique. Ceux qui regrettent les chansons chuchotées des premiers albums devraient se réjouir de la période couverte par cet album. Une chanson comme « The state I am in », pour n’en citer qu’une, peut rendre l’usage du langage aux sages timides comme elle fera sûrement se taire les non habitués aux mélodies sixties souvent époustouflantes des écossais. La douce mélodie toute Velvet Underground de « Seymour Stein » peut accompagner les bons ou les mauvais moments de la vie, le solo de piano fait pleurer ou sèche les larmes, au choix. Et les chansons sont toutes ou presque de cet acabit. Un seul regret : on n’a pas reçu le deuxième Cd live prévu avec le disque et qui propose des covers de « Here comes the sun » ou « The boys are back in town »… Qu’importe tant l’interprétation est souvent fantastique, « I could be dreaming » est à tomber, il semble difficile voire impossible de ne pas craquer « Lazy Jane » et il faudrait trouver un mot magique pour définir le bonheur qu’apporte un titre comme « The magic of a kind word » sur lequel Campbell et Murdoch harmonisent délicieusement.
La voix caressante de Murdoch est toujours réconfortante et il est vraiment plaisant de se replonger dans les premières heures de ce fabuleux groupe qui ces dernières années a gagné en efficacité pop ce qu’il a peut être perdu en émotions.
En attendant de nouvelles compositions prévues pour l’an prochain, ce très beau disque enchantera les soirées hivernales.